Sarah

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Sarah

Date de publication du témoignage :

RDV avec Sarah (Paris). Après son cancer du sein, elle a, entre autre, écrit le spectacle « K Surprise » et profite du bonheur d’être Maman après la maladie.

Je suis comédienne, humoriste et auteur.
J’ai eu mon cancer du sein à 30 ans. J’allais chez ma gynéco pour renouveler mon ordonnance de pilules quand elle a découvert un kyste dans mon sein droit. Je sais que l’on est nombreuses à s’être faite « dépannée » à la pharmacie d’une boîte de pilules, mais si j’avais fait cela cette fois-ci, je ne serai peut-être pas là aujourd’hui. Le diagnostic tombe à la veille de Noël : cancer du sein. Elle me propose du Lexomil. Si, si.. Et puis ensuite, tumorectomie puis rayons et hormonothérapie.

Il y a aussi les mini combats dans la bataille. Celui que je suis la plus heureuse d’avoir mené était pour la préservation de ma fertilité. Parce qu’à 30 ans, c’est un vrai sujet. Ne pouvant pas avoir d’enfants pendant les cinq ans d’hormonothérapie, cela m’a permis d’être un peu plus sereine sur mon rêve d’être maman un jour.
Je n’ai pas changé de vie après mon cancer mais il m’a permis d’assumer enfin pleinement ma voi(e)x. J’avais démissionné à peine deux ans plus tôt d’une agence de communication dans laquelle je travaillais depuis quatre ans pour enfin revenir à mes premiers amours : le théâtre et le cinéma. Je trouve que cette expérience nous fait gagner du temps. Beaucoup de temps. On se pose moins de questions, et on va naturellement vers ce qui peut nous rendre heureuse. Je fais le métier que j’aime et je m’entoure de personnes positives. J’étais déjà bonne vivante mais je profite encore plus de la vie aujourd’hui, ayant plus conscience que jamais que l’on ne sait pas de quoi demain sera fait.
Pendant le traitement je n’ai parlé qu’à mon cercle très proche de ce que je traversais. Et puis un an après la fin de la radiothérapie, j’ai ressenti le besoin de témoigner, de partager mon histoire – en espérant que cela pourrait aider d’autres personnes qui passeraient par la même épreuve.

J’ai d’abord écrit un livre « Sarah 30 ans mon cancer même pas peur ! » puis un spectacle « K Surprise » mis en scène par Elise Mc Leod que je joue depuis plus de trois ans au théâtre et pour des associations, des entreprises, des mairies et des hôpitaux. J’y raconte mon histoire avec mon humour, car il m’a beaucoup aidée dans le combat et qu’il permet de parler de la maladie autrement. Et puis j’étais déjà humoriste quand je suis tombée malade, je jouais un one woman show sur la loose de l’amour. Mais dans « K Surprise », je partage aussi les autres émotions ressenties, la vulnérabilité, la colère, pour tout dire du combat mais sans pathos et surtout avec beaucoup d’espoir – c’est une ode la vie !
Grâce au spectacle et au livre, j’ai fait de très belles rencontres avec des kfigteuses et kfighteurs réalisant à quel point nous nous comprenions et qu’il y avait tant de similitudes dans nos parcours. On fait de si belles rencontres et on crée des liens très forts – c’est une des plus belles choses grâce à ce combat.

Une de mes citations préférées de ma grand-mère est que « sans pluie, il n’y a pas d’arc en ciel ». J’ai eu mon arc en ciel, un bébé l’an dernier. Et je me dis que si un bébé après un cancer est possible, alors tout est possible. Croyez en vos rêves, les plus fous. Rêvez grand. Et si vous êtes en plein dans le combat, je vous envoie tout plein de force pour mettre KO ce K – et mon mantra préféré « Never Give up » – N’abandonnez jamais. Prenez soin de vous. Et profitez de la vie.

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Marine

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RDV avec Marine (Londres – Paris). Etudiante, elle a créé une association pour exposer les œuvres d’artistes touchés par le cancer.

Étudiante en Expertise et Commerce de l’art, puis en Commissariat d’Exposition, j’ai été confrontée à de nombreuses reprises au manque d’intérêt des visiteurs pour l’histoire même que pouvait véhiculer certaines œuvres, au profit de l’aspect commercial de celles-ci.

Consciente que l’art était porteur d’espoir pour certains, j’ai fondé Blossom Fighting Cancer dans l’envie de rendre à l’art son sens, au travers d’une juste cause qui me tenait à cœur : le cancer. N’ayant jamais été atteinte de cancer, j’ai toutefois été confrontée à la maladie : le diagnostic d’un ami de lycée ou encore la profession de mon père, me sensibilisant à la maladie dès le plus jeune âge.

C’est en ayant cette idée en tête que j’ai voulu donner l’opportunité à certains artistes pratiquant les arts à des fins thérapeutiques d’exposer, en m’appuyant sur le savoir acquis pendant mes études et sur mon expérience. Organiser ma première exposition intitulée « Blossom » en Septembre 2020 dans une galerie située dans le Marais à Paris, à quelques pas de grandes galeries parisiennes a été un véritable défi, notamment face à l’épidémie de COVID-19 qui a transformé notre quotidien. Rendre une exposition réelle dans un climat de peur et d’angoisse n’a pas été d’une mince affaire : donner l’envie à des personnes de se rendre à la galerie a non seulement été des plus difficiles, dans un contexte d’inquiétude, et en travaillant avec des personnes à risques, mais chercher de potentiels acheteurs aussi, en pleine crise économique.
Le but de Blossom Fighting Cancer est de véhiculer l’histoire et le parcours de certains artistes, mais aussi les présenter sur la scène artistique, leur créer une réputation au sein du monde de l’art et vendre leurs œuvres afin de rémunérer leur travail et recueillir des fonds pour d’autres associations participant à la lutte contre le cancer.

Bien que difficile, ce chemin parcouru, avec mes six artistes représentés (Ishita Banerjee, Helen Lack, Eileen Powers, Valérie Legrand, Mélody Larcher et Eric Hyllemose) a été une merveilleuse expérience professionnelle mais aussi humaine.
J’ai découvert des personnalités fortes, aux histoires bouleversantes et aux messages forts et inspirants, m’encourageant à regarder ma profession d’une toute autre manière, mais aussi ma vie au quotidien.

Positivité et émotions étaient garanties, malgré la cruauté du mot cancer.

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Jérôme

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RDV avec Jérôme (Vaires sur Marne – 77). Pour tordre le coup à la réalité rendre sa colère constructive, il dessine sur le cancer du sein de sa femme et ses récidives.

Il y a six ans, ma femme a eu un cancer du sein et pendant un an, sans m’en rendre compte, j’ai cessé de dessiner. Nous étions deux. On était devenu trois.
Une vie ne suffit pas pour être en colère, alors il a bien fallu rendre cette colère constructive.

Sans trop y réfléchir, ça s’est imposé : le trait allait (devoir) tout raconter, tout violenter. J’ai repris mon crayon. Les premiers dessins ont été laborieux et maladroits. Je ne savais pas si je devais rester dans la réalité ou non, si je voulais vraiment en faire un témoignage précis, méthodique, clinique. Et puis non, il fallait que ça nous ressemble : tordre le coup à la réalité à grand coup de surréalisme. Sans limite. Mais avec du sens. J’ai commencé à remplir un carnet, puis un deuxième, un troisième et encore quelques autres… sans savoir si cela allait aider ma femme ou bien l’emmener plus bas.

Elle y a totalement adhéré. Chaque nouveau carnet était pour elle une émotion, une surprise, une attente. Des dessins au trait noir, épuré, sans texte où le sein est devenu une obsession sous toutes ses formes, et qui finiront par devenir un livre, « Tout finira par rentrer dans le désordre » (éditions Le Monte en L’air – 2017).
A la suite de ces dessins, j’ai commencé à réaliser des sculptures, toujours dans un esprit surréaliste et j’ai créé un site : nomdunsein.

Malheureusement, fin 2017, ma femme a eu une récidive. D’autres dessins sont arrivés, dans un autre style, sous une autre forme : des petits personnages avec de la couleur et des textes, pour illustrer les phrases idiotes qu’on entend au sujet de la maladie. Une ironie et un humour noir se sont invités dans l’aventure. Autant y aller, autant se marrer, mordre et rester vivant.
Ma femme s’est prise au jeu et a participé au texte, à la relecture. Faute de trouver un éditeur, malgré des retours positifs mais « un sujet pas assez grand public », je me suis lancé dans l’autoédition pour publier « Joyeuse Dérive » (éditions Lulu.com – 2019).
Une nouvelle récidive est arrivée fin 2019, plus féroce encore. Je ne sais pas quel dessin y répondra mais modestement, l’art, « notre art », fait partie de cette aventure. Est-ce l’instinct de survie, une ironie douce-amère, un hymne à l’amour ou un tout en un artisanal pour dire que nous sommes, malgré tout, toujours vivants ?
https://nomdunsein.tumblr.com/
https://joyeusederive.tumblr.com/
https://livre.fnac.com/…/Jerome-Jacobs-Tout-finira-par-rent…

Nathalie

Nathalie

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Nathalie

Date de publication du témoignage :

RDV avec Nathalie (Pantin – 93). Après un cancer du sein, elle respire la vie ! Elle partage son expérience dans un livre et 2 courts métrages.

Il y a eu un avant et un après.

Le 12 décembre 2017, au cours d’un examen de contrôle, on m’a diagnostiqué un cancer du sein agressif triple négatif.
Ma vie s’est suspendue. C’était une petite boule de 13mm, pour laquelle on m’a fait la totale car son développement cellulaire était rapide et il n’y a pas encore de traitement ciblé. On a sorti l’artillerie lourde : tumorectomie, chimio, rayons, et deux ans plus tard, double opération mammaire et fimbriectomie pour prévenir les récidives aux seins et aux ovaires.
Je n’ai pas les gènes BRCA1, ni BRCA2, mais le centre qui me suivait préférait ne pas prendre de risques à cause des nombreux cas de cancer dans ma famille. Malgré mes réticences au départ, j’ai suivi leur avis. Je ne le regrette pas.

Pendant les traitements, je me suis laissée faire. Moi la rebelle qui était dans le contrôle, j’ai lâché prise pour que mon corps absorbe au mieux les molécules de la chimio. Je n’avais pas le choix. Je voulais « guérir ».
Ça n’a pas toujours été simple. Personne n’est préparé à ça. A la vision de son corps qui se dégrade. Les reflets dans le miroir étaient parfois douloureux. Mais j’ai accepté la maladie pour traverser toutes les étapes, j’ai aussi accepté l’idée de ma mort.
Du coup, j’ai remis du sens dans ma vie. Les petits riens sont devenus des grands « touts ». Je me réjouis du chant matinal des oiseaux, du soleil orangé qui se couche à l’horizon. J’ai allégé ma vie en enterrant un passé douloureux et en m’accompagnant de personnes bienveillantes.
Je ne cours plus après le temps. Je me suis extraite du tourbillon de la vie et je m’efforce d’être plus juste envers moi même.
Et surtout, je prends le temps. C’est un luxe le temps. C’est notre bien le plus précieux.

Je suis une artiste. Alors, je me suis nourrie de cette expérience. J’ai écrit un livre, qui relate mon parcours pendant les traitements, « Une parenthèse ». J’ai aussi écrit et réalisé deux courts métrages sur le cancer du sein.
En fait, aujourd’hui, je vis je respire. Pas en apnée. Non, je respire vraiment.
Notre première amoureuse, c’est la vie. En prendre conscience est un magnifique cadeau.

https://livre.fnac.com/a15…/Nathalie-Rouckout-Une-parenthese
https://vimeo.com/277530943?ref=em-share
https://vimeo.com/296247651?ref=em-share

Virginie

Virginie

Virginie

Date de publication du témoignage :

RDV avec Virginie (Locquirec- 29). Elle souhaite convaincre chacun et chacune de bien prendre soin de soi, même quand tout semble aller pour le mieux.

Pourquoi moi ? Une interrogation à laquelle je n’aurai jamais de réponse. On est jeune, on ne fume pas, on ne boit pas, on fait du sport avec une hygiène de vie irréprochable et il n’y a pas de cancer du sein dans la famille : pour moi, rien ne pouvait m’arriver vu l’énergie que je dégageais.
Mais en avril 2017, en me lavant, j’ai senti une boule dans mon sein droit et là, ma vie a basculé.

CANCER = MORT. Le ciel m’est tombé sur la tête. Je suis devenue sourde et anéantie par toutes ces mauvaises nouvelles, jusqu’à ce que mon médecin traitant me dise que je n’allais pas mourir. Alors là, CANCER = COMBAT.

Qui n’est pas touché aujourd’hui par cette maladie traître, sournoise, effrayante et destructrice : le CANCER ?
J’ai décidé de partager mes peurs, mes doutes, mes souffrances, mes résultats, par écrit, dans mon livre «Pourquoi moi ? », après 2 ans de combat. Mon livre a été une bonne thérapie.

Tout s’est enchaîné très vite : biopsie, interruption volontaire de grossesse, tumorectomie, pose d’une chambre implantable, 12 chimiothérapies avec casque réfrigéré, 18 injections d’anticorps, mastectomie, radiothérapie, hormonothérapie. Fin du traitement pour le cancer du sein en septembre 2018 ! Ça y est ! Même complètement épuisée, on se sent libérée ! On se dit que c’est enfin fini !

Scanner de contrôle et découverte d’un kyste sur l’ovaire gauche. Alors c’est reparti : biopsie de l’utérus, cœlioscopie, kystectomie (ablation du kyste), ovariectomie (ablation de l’ovaire gauche), salpingectomie totale bilatérale (ablation des trompes). Puis les contrôles réguliers et la mise en route de la reconstruction.

Mais découverte d’un kyste sur l’ovaire droit ! Eh oui ça continue ! Je suis toujours sous surveillance aujourd’hui.

Une chose importante, c’est le soutien que j’ai reçu et tous les messages d’espoir qui m’ont fait aller de l’avant, sans jamais baisser les bras.
Maintenant, la vie va reprendre une tournure normale et je vais me consacrer au repos, à ma remise en forme et à la reprise du travail. Je vais aussi faire de la prévention sur ce cancer du sein qui, chaque année, fait 12.000 morts. Et pour faire passer ce message, je compte sur vous, pour en parler autour de vous.

Je ne me suis jamais occupée de prendre soin de moi, sinon j’aurais surement pu éviter/atténuer la lourdeur des traitements. Je me suis longtemps demandée pourquoi il y avait encore des femmes qui mouraient du cancer du sein aujourd’hui, alors que, je cite (car combien de fois je l’ai entendu), « c’est un cancer qui se soigne bien ».
Mais j’ai compris car j’y ai été confrontée.

Nous sommes toutes différentes, avec des cellules et des gènes différents, d’où des cancers différents. À quelques mois près, je frôlais l’autre monde. Alors oui, le dépistage c’est important et primordial à partir de 50 ans. Et avant, ne faites pas comme moi, ne vous oubliez pas et surveillez-vous avec différents gestes importants à effectuer, pour ne pas être prise au dépourvu et ne pas subir toutes ces épreuves, pour ne pas laisser la maladie prendre les devants et gagner.

Prenez soin de vous.
Les années passent et je suis toujours là.
Je sais que nous ne sommes pas toutes sur le même pied d’égalité face à la maladie, mais pour ma part, aujourd’hui, la vie est belle.

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