Julien

Julien

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Julien

Date de publication du témoignage :

RDV avec Julien (Montpellier). Atteint de cancers, et bipolaire, il ne baisse jamais les bras et a créé le hashtag #malgretoutjesouris.

J’ai 37 ans et je suis atteint d’un syndrome bipolaire, d’un cancer des poumons et d’un cancer lymphatique.

Je choisis de m’ouvrir à vous non pas pour vous exposer avec des termes alambiqués, incompréhensibles à moins d’avoir étudié la médecine avec option « latin renforcé », mais plus pour vous expliquer ma philosophie de vie et mon approche au quotidien des maladies.

Tout commence en milieu d’année 2017, lorsque j’ai été diagnostiqué bipolaire de type 2 à tendance hypomaniaque, ce qui se traduit pour vulgariser, par des crises où tout s’accélère, les idées, pensées, mouvements, parole, accompagnés d’insomnie. Ma plus grosse crise a duré sept jours sans dormir, et à nécessité une hospitalisation en milieu psychiatrique.

Fin 2019, vient s’ajouter à cela le diagnostic d’un cancer des poumons. Ironie du sort : pathologie totalement compatible avec la pandémie du Covid-19 qui fait son apparition dans le monde.

J’entre dès lors dans des protocoles mis en place, et ajustés de temps à autre, me permettant de connaître les effets associés à la chimiothérapie et radiothérapie : nausées, vomissements, douleurs articulaires et musculaires, fatigue, perte de poids, modification du goût et odorat, changement physique… et j’en passe.

L’expression « jamais deux sans trois » se confirme pour moi durant l’été 2020, lorsqu’il m’est diagnostiqué un cancer lymphatique, venant compléter mon CV médical.

Plus nous avançons dans les traitements, plus les interlocuteurs se multiplient pour tenter de limiter, et même de prévoir dans un futur plus ou moins proche, les réparations des dégâts causés par les solutions curatives.

A 37 ans, je pourrais m’accabler, pleurer, juger injuste la vie de me confronter à une estimation des médecins sur une durée de vie restante. Crier ma colère, m’isoler et perdre tout espoir de contrer les meilleurs pronostics concernant le fait de « tirer ma révérence » d’ici à la fin de l’année 2021.

Mais c’est mal me connaitre. Je ne laisserai pas, autant que possible, la maladie prendre le contrôle des émotions des personnes qui m’entourent depuis tout ce temps. J’ai donc choisi de le vivre en souriant et rire, continuer à faire ce que j’ai toujours aimé, amuser et faire rire ma famille, mes proches, mon entourage.

La dérision, l’humour, l’amusement que je m’efforce de mettre en œuvre apportent sourire et rire à mes accompagnants, me donnent force et courage pour continuer cette bataille.

C’est pour cela que j’ai créé depuis peu, ma page Instagram et l’utilisation d’un « # » résumant ma philosophie de vie au quotidien #malgretoutjesouris afin de montrer à tous ceux qui le souhaitent mon approche personnelle.

Partager par le biais de publications humoristiques pour désacraliser la maladie qu’est le cancer, et voir en retour les rires et sourires des personnes me permettent d’alimenter mes batteries pour faire face aux obstacles, effets indésirables et douleurs sans rien lâcher et éloigner le plus possible cette révérence à la vie que je ne veux en aucun cas faire.

Voici ma doctrine et mon choix de vivre pour faire face aux évènements néanmoins difficiles qu’apporte quotidiennement le cancer.

https://www.instagram.com/mescancers_mabipolarite_mavie/

 

 

 

Guillaume

Guillaume

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Guillaume

Date de publication du témoignage :

RDV avec Guillaume (Le Havre). Tout juste papa, il a été touché par deux cancers. Actuellement en rémission, il a changé sa façon de vivre et de travailler.

Avant le diagnostic, j’étais un homme de 35 ans tout juste papa, avec une vie tout ce qu’il y a de plus classique. J’étais déjà entrepreneur et très impatient de découvrir la paternité.

En janvier 2018, lorsque j’ai été diagnostiqué d’un cancer des testicules d’abord et d’un lymphome ensuite, mon fils n’avait qu’un mois et mon père souffrait d’une maladie incurable.

J’ai pris la décision de consulter mon médecin généraliste à la suite d’une scène banale de la vie quotidienne.

Je suis rapidement entré dans le vif du sujet, enchaînant examens, opérations, chimiothérapies. À partir du moment où j’ai su contre qui je me battais, je me suis mis en mode guerrier, prenant les choses les unes après les autres, mobilisant toutes mes ressources et découvrant de moi un homme fort, résilient, doué d’une rage de vivre, portant son combat, sa famille et ses amis. Je me pensais petit, sans valeur et je découvre que je suis un géant, inarrêtable.

Mon état d’esprit change, je prends conscience que la vie peut basculer à tout moment et que chaque minute qui passe ne revient pas. Je réalise un parcours sans faute, malgré la difficulté du quotidien, avec une rémission complète au bout d’un an.

Les jours qui ont suivi l’annonce de la rémission ont été un peu durs. Une sensation de néant s’installe, je me sens vide. Je tombe, je tourne en rond. Je me demande comment j’ai pu tenir ? Qui suis- je ? Comment faire de cette expérience un nouveau départ ?

Je réalise ce que je viens d’accomplir. Je viens de combattre deux cancers, pendant la première année de vie de mon fils.

Aujourd’hui, je suis en rémission depuis deux ans. En mars 2020, pendant le confinement, j’ai choisi d’écrire mon livre “Adieu Cancers”.

Beaucoup de choses ont évolué dans ma vie. J’ai répondu à mes questions, fait un travail sur moi et l’idée d’écrire ce livre m’est venue comme ça. Je me suis dit : j’ai des choses à partager, je peux écrire un livre.

Au-delà d’être un témoignage de mon combat contre le cancer, ce livre est un récit d’espoir et de courage, que je souhaite livrer à tout le monde. Le cancer m’a permis de comprendre que chacun a un trésor unique et extraordinaire en lui, et trop souvent nous ne l’exploitons pas, nous gâchons notre temps.

Je tenais à faire de cette expérience, une opportunité de changer la vision de la maladie. J’ai souhaité présenter, par le prisme de mes émotions, ce qu’un malade peut ressentir et ce qu’il peut faire pour être acteur de sa guérison.

Grâce au cancer, je me suis dévoilé, j’ai pris conscience que j’avais tout en moi, que j’étais déjà complet.

Aujourd’hui je sais m’écouter, prendre mes décisions, gérer mes émotions. Je vois la vie différemment, je sais qu’elle peut basculer d’un moment à l’autre. Je ne veux plus rien regretter, je fais les choses quand j’ai envie de les faire, je suis revenu à l’essentiel. J’écoute ce qui m’anime au plus profond de moi, aider et servir les gens à devenir meilleur en exploitant tout leur potentiel, et cela, dans tous les domaines de leur vie. J’ai modifié mon activité, je me suis formé, j’ai investi en moi et aujourd’hui je suis coach en dévoilement de soi.

Je mets tout mon vécu et mon expérience pour guider mes clients dans leur dévoilement, première étape indispensable et fondation de la création d’une vie qui leur ressemble.

Je suis là pour les aider à ne plus jamais avoir de regret dans leur vie, faire sauter les barrières, mais également clarifier, valoriser leurs talents et les reconnecter à eux.

www.adieucancers.fr

http://instagram.com/lamotte.guillaume

https://www.facebook.com/adieucancers

 

Frédérik

Frédérik

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Frédérik

Date de publication du témoignage :

RDV avec Frédérik (Mazinghem- 62). Atteint d’un cancer de la vessie, il a fondé l’association Cancer Vessie France les Zuros.
En 2016, j’ai uriné du sang et ma vie a changé. Quelques semaines plus tard, on m’a diagnostiqué un polype vésical. A la différence du polype de colon, celui de vessie est toujours un cancer, mais en nuances de gris. Tout dépend de son infiltration et de son agressivité.

J’avais 41 ans, le sol s’est dérobé sous mes pieds et je suis tombé en dépression. Trois enfants, je venais de perdre ma mère d’un cancer un mois avant, j’étais anéanti. Après une période à voir un psychologue, à prendre un traitement, j’ai peu à peu remonté la pente. Puis, tout en étant suivi pour ma maladie (un cancer parmi d’autres), j’ai été à l’origine de la fondation de l’association Cancer Vessie France les Zuros.

Pourquoi avoir créé cette association ?
Parce que la famille ne peut pas éponger tout ce que l’on vit, parce que les collègues n’aiment pas quand on parle de maladie, parce qu’un forum anglais Fight Bladder Cancer m’apportait beaucoup et que je voulais que d’autres personnes dans ma situation puissent mettre des mots sur leurs maux.
Parce que notre maladie possède des traitements mais qu’ils sont régulièrement en pénurie depuis… 2012 ! (je parle du bcg intravésical)
Parce que l’idée était d’éviter à d’autres de connaître ce cancer en agissant sur la prévention.

En un peu plus de trois ans, l’association est devenue membre de la coalition mondiale des associations de patients atteints de cancer de la vessie. Nous avons obtenu le remboursement d’une immunothérapie keytruda pour les patients atteints de cancer avec métastases. Cette année, nous œuvrons à mieux faire connaître la pathologie, à agir sur le parcours des patients.
L’association est chronophage, mais elle en vaut la peine. On se sent plus forts ensembles. Et chaque réussite nous motive. Nous possédons un groupe privé où nous échangeons entre patients, on se soutient, on se donne des tuyaux.
Je vais conclure en disant que je suis en rémission depuis cinq ans. Que certains membres le soient depuis treize ! Alors battons-nous !

http://leszuros.fr/
https://www.facebook.com/LESZUROS

 

 

Éric

Éric

Éric

Date de publication du témoignage :

RDV avec Eric (Paris). Chirurgien gynécologue-cancérologue à la Clinique Hartmann et à l’Hôpital Américain de Paris Neuilly, il témoigne de son parcours.

Après avoir réussi le concours très sélectif de l’internat des hôpitaux de Paris, j’ai immédiatement opté pour la filière chirurgie. J’ai cherché une spécialité chirurgicale qui me plaisait, médico-chirurgicale, et j’ai opté pour la gynécologie obstétrique.

Rapidement, je me suis rendu compte que l’obstétrique ne correspondait pas à mes attentes : tout se déroulait bien, dans la grande majorité des cas, et je n’avais pas l’impression de rendre service à mes patients.

J’ai fait ensuite de la chirurgie cancérologique à Gustave Roussy, où j’ai trouvé ma voie, car j’avais l’impression d’être utile. Bien que la chirurgie soit complexe, je réalisais que l’acte chirurgical contribuait souvent à la guérison de la patiente atteinte de cancer.

Le chirurgien cancérologue continue de plus à suivre sa patiente opérée et un lien unique se crée. Dans les autres spécialités chirurgicales, le chirurgien réalise son acte opératoire mais perd ensuite le contact avec le patient.
Dans la cancérologie, il y a un suivi tous les ans. C’est gratifiant de voir que le petit acte chirurgical a permis que ce patient soit toujours vivant et en bonne santé, et que vous avez contribué au salut d’une personne.

Une jolie histoire qui m‘a touché parmi d’autres est celle d’une femme jeune, atteinte d’un cancer du sein, qui a subi un protocole lourd (chirurgie, chimio et rayons). A un moment donné, elle m’a demandé l’autorisation d’arrêter le traitement pour faire un bébé. Elle a eu un petit garçon qu’elle a appelé comme moi, et dont je suis le parrain. C’est aussi pour ces moments-là que je fais ce métier, car les patients vous le rendent chacun à sa manière.

Pour contribuer au bien-être des patients dans leur suivi, je suis aussi co-fondateur de l’Institut Rafaël, situé à Levallois-Perret, centre de prise en charge et d’accompagnement pour les patients souffrants de cancer : une équipe paramédicale accompagne les patients pendant et après le cancer, les traitements et tous les soins sont dispensés gratuitement. Je suis fier et heureux de participer à cette histoire.

https://institut-rafael.fr/

https://www.facebook.com/InstitutRafael

https://www.docteur-eric-sebban.fr

https://www.chirurgiefemmeparis.fr

Benjamin

Benjamin

Benjamin

Date de publication du témoignage :

RDV avec Benjamin (Paris). Chirurgien Plasticien Oncologue, il nous partage son parcours.

Je suis Chirurgien Plasticien Oncologue. C’est un statut particulier car 50% de ma pratique concerne la chirurgie esthétique classique et l’autre 50% est dédié à la chirurgie du cancer du sein et à la reconstruction mammaire.

J’ai une pratique mixte, d’une part hospitalière à Gustave Roussy et d’autre part libérale à la clinique Hartmann, au sein du l’Institut du Sein Henri Hartmann.

J’ai été formé à Gustave Roussy, le premier Centre de Lutte contre le Cancer en Europe. La chirurgie plastique reconstructrice s’est imposée progressivement à moi comme une évidence. Aujourd’hui, la chirurgie du cancer est intimement liée à la préservation de la qualité de vie des patientes. Les techniques ont évolué. Nous nous battons pour préserver un maximum de tissus, pour éviter l’ablation complète du sein quand c’est possible, pour pouvoir conserver l’aréole et le mamelon en cas de mastectomie et pouvoir proposer une reconstruction mammaire immédiate à une majorité de patientes. Préserver la féminité, ou permettre à une patiente de se reconstruire physiquement et psychologiquement, sont des missions qui font partie intégrante de la prise en charge du cancer du sein.

Je suis fondateur du Centre de Chirurgie de la Femme de Paris et membre de conseils scientifiques d’associations de patientes comme Europa Donna et BRCA France. Ces associations sont une aide essentielle pour nos patientes, un soutien indéfectible et leur travail est admirable.

L’évènement marquant de ma carrière a été le développement d’une nouvelle technique de chirurgie robotique du sein permettant une ablation du sein et une reconstruction par prothèse en dissimulant la cicatrice sous le bras, laissant ainsi le sein vierge de toute cicatrice. Des patientes sont venues de la France entière pour bénéficier de cette technique afin d’éviter une cicatrice définitive sur le sein.

Se lancer dans une nouvelle technique encore jamais réalisée dans le monde est un vrai challenge personnel et collectif. Je voudrais profiter de ce témoignage pour remercier les patientes qui m’ont fait confiance et qui ont accepté de bénéficier de cette technique. Grâce à elles, la technique a été diffusée dans le monde entier, et à l’heure où j’écris ces lignes, elle est en cours de validation par les autorités Européennes pour permettre à plus de patientes de bénéficier de ce nouveau type de chirurgie.

Ce fût une aventure humaine incroyable, je leur en serai éternellement reconnaissant.

Le métier que j’exerce est passionnant, souvent difficile mais je ne le changerais pour rien au monde. La relation de confiance qui s’installe entre un chirurgien et sa patiente est unique. Il faut se battre pour être à la hauteur, pour ne pas décevoir. Il faut mettre tout ce qui est en notre pouvoir pour apporter les meilleurs soins possibles en accord avec les dernières avancées de la science.

www.docteursarfati.com

https://chirurgiefemmeparis.fr/