Chrystelle

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Chrystelle

Date de publication du témoignage :

RDV avec Chrystelle (Sorbiers). Après un premier cancer du sein, puis une récidive, elle a créé l’association Amarose’s pour promouvoir le sport post cancer sous toutes ses formes.

J’ai 43 ans. Un premier cancer en 2012 m’a délesté de mon utérus. Heureusement, j’avais déjà trois merveilleux enfants, deux garçons et une fille. Puis en 2015, rebelote : le sein droit, puis les ganglions, et le gauche. Mastectomie bilatérale, chimiothérapie, perte de 20 kg, de mes cheveux, cils, sourcils, ongles… une métastase sur le coccyx cimentée.

Des douleurs et quinze chirurgies plus tard, un retour au sport grâce à un programme de rééducation post cancer à Rive de Gier : RECANFORT !

Depuis, et grâce aux rencontres effectuées lors de ces quatre semaines, j’ai créé l’Association  » Amarose’s  » dédiée au développement et à la promotion du sport en post cancer du sein, afin de diminuer les effets secondaires des traitements et diminuer les risques de récidives : canoë, marche nordique, gym, relaxation et pilates, sont proposés aux adhérentes, ainsi qu’un défi annuel VOGALONGA, TRAVERSEINE …. Des projets pleins la tête et l’envie de foncer, en vivant l’instant présent  » ici et maintenant ».

Infirmière puéricultrice j’ai pu reprendre un emploi à plein temps en avril 2017…et suis toujours entourée de mes acolytes de la première heure !! Mes 3 F qui se reconnaîtront. Un grand merci à toutes les personnes qui partagent mon chemin, encore et toujours…

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Marie-Eve

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Marie-Eve

Date de publication du témoignage :

RDV avec Marie-Eve (Montréal – Canada). Elle est actuellement en traitement pour un cancer métastatique, après un premier cancer il y a quelques années. Entre combat, colère et tristesse, elle poursuit ses traitements.

Premier diagnostic. Je me rappellerais de cette date toute ma vie. 5 juillet 2017 (Braga, Portugal).

Et oui, j’étais censée passer un mois de détente au Portugal auprès de ma belle-famille, mais le destin en a décidé autrement. J’ai dit à ma belle-mère que mon mamelon gauche était inversé. Immédiatement, elle a demandé une consultation auprès d’un médecin de famille. Après une mammographie et une échographie, l’équipe médicale a conclu à un cancer du sein avancé, et ce, sans même effectuer une biopsie.

Rapidement, j’étais de retour à Montréal, au Canada. J’ai effectué une biopsie qui a confirmé l’inévitable : cancer du sein stade 3/grade 3. La tumeur était située dans le sein gauche et mesurait 7 cm. J’avais également deux ganglions lymphatiques touchés. Je ne pouvais pas y croire, je n’avais que 34 ans, deux jeunes enfants, aucun cas de cancer dans ma famille…un vrai cauchemar.

Pour me rassurer, les médecins me disaient que mon cancer était triple positif, c’est-à-dire à récepteurs d’œstrogènes positifs, à récepteurs de progestérone positifs et HER2 positif. Ainsi, je pouvais recevoir certains médicaments, en particulier l’herceptin (anticorps monoclonal recombinant spécifique des récepteurs HER2/neu).

Bref, lors de cette première aventure, j’ai reçu de la chimio, j’ai été opérée (mastectomie/reconstruction) et reçu 25 séances de radiothérapie. J’ai aussi continué de recevoir de l’herceptin quelques mois additionnels.

Au bout d’une année, l’équipe médicale m’a rassurée : mes chances de récidives étaient très faibles (moins de 20%). J’ai donc repris mes activités, m’accrochant à cette statistique.

Mon deuxième diagnostic (et dernier j’imagine) fut trois ans et quelques mois plus tard, soit en octobre 2020. Suite à une IRM, une lésion de quelques centimètres sein droit et deux ganglions légèrement enflés ont sonné l’alarme. Une biopsie a confirmé que c’était bien le cancer (stade 2). Mon oncologue m’a dit que tout allait bien aller, je devais simplement passer un TEP Scan pour confirmer que le cancer était localisé.

Le premier rendez-vous suite au TEP Scan était auprès de mon chirurgien-oncologue. Je m’attendais à ce qu’il me présente le protocole pour une opération, mais non…. Derrière son masque, les yeux sombres, il m’a annoncé que j’avais des métastases aux hanches, aux fémurs et aux fesses. Mon diagnostic : cancer du sein métastatique (le fameux stade 4). Je lui ai demandé qu’elle était mon espérance de vie (à ne pas faire) et il m’a dit 3-5 ans, mais qu’il avait des gens avec le même diagnostic qui étaient en vie après 10 ans.

Quelques jours plus tard, j’ai rencontré mon oncologue. Il avait l’air dépassé par ce diagnostic. Il m’a dit que je sortais du cadre, à savoir que lors de mon premier diagnostic j’étais triple positive (HER2+, etc.), que les traitements s’étaient bien passés…. A ce moment, je lui ai en voulu de m’avoir fait croire que j’étais à l’abri. Une tristesse, une douleur et une colère inimaginable m’ont envahie que seules les personnes ayant eu un même diagnostic peuvent comprendre.

Depuis, j’essaie tant bien que mal de vivre avec celui-ci. Somme toute, le plan de match depuis octobre est le retour de la chimio, ainsi que deux anticorps herceptin et pertuzumab par intraveineuse. Moi qui pensais ne plus jamais m’assoir dans une salle de chimio…

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Sarah

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Sarah

Date de publication du témoignage :

RDV avec Sarah (Paris). Après son cancer du sein, elle a, entre autre, écrit le spectacle « K Surprise » et profite du bonheur d’être Maman après la maladie.

Je suis comédienne, humoriste et auteur.
J’ai eu mon cancer du sein à 30 ans. J’allais chez ma gynéco pour renouveler mon ordonnance de pilules quand elle a découvert un kyste dans mon sein droit. Je sais que l’on est nombreuses à s’être faite « dépannée » à la pharmacie d’une boîte de pilules, mais si j’avais fait cela cette fois-ci, je ne serai peut-être pas là aujourd’hui. Le diagnostic tombe à la veille de Noël : cancer du sein. Elle me propose du Lexomil. Si, si.. Et puis ensuite, tumorectomie puis rayons et hormonothérapie.

Il y a aussi les mini combats dans la bataille. Celui que je suis la plus heureuse d’avoir mené était pour la préservation de ma fertilité. Parce qu’à 30 ans, c’est un vrai sujet. Ne pouvant pas avoir d’enfants pendant les cinq ans d’hormonothérapie, cela m’a permis d’être un peu plus sereine sur mon rêve d’être maman un jour.
Je n’ai pas changé de vie après mon cancer mais il m’a permis d’assumer enfin pleinement ma voi(e)x. J’avais démissionné à peine deux ans plus tôt d’une agence de communication dans laquelle je travaillais depuis quatre ans pour enfin revenir à mes premiers amours : le théâtre et le cinéma. Je trouve que cette expérience nous fait gagner du temps. Beaucoup de temps. On se pose moins de questions, et on va naturellement vers ce qui peut nous rendre heureuse. Je fais le métier que j’aime et je m’entoure de personnes positives. J’étais déjà bonne vivante mais je profite encore plus de la vie aujourd’hui, ayant plus conscience que jamais que l’on ne sait pas de quoi demain sera fait.
Pendant le traitement je n’ai parlé qu’à mon cercle très proche de ce que je traversais. Et puis un an après la fin de la radiothérapie, j’ai ressenti le besoin de témoigner, de partager mon histoire – en espérant que cela pourrait aider d’autres personnes qui passeraient par la même épreuve.

J’ai d’abord écrit un livre « Sarah 30 ans mon cancer même pas peur ! » puis un spectacle « K Surprise » mis en scène par Elise Mc Leod que je joue depuis plus de trois ans au théâtre et pour des associations, des entreprises, des mairies et des hôpitaux. J’y raconte mon histoire avec mon humour, car il m’a beaucoup aidée dans le combat et qu’il permet de parler de la maladie autrement. Et puis j’étais déjà humoriste quand je suis tombée malade, je jouais un one woman show sur la loose de l’amour. Mais dans « K Surprise », je partage aussi les autres émotions ressenties, la vulnérabilité, la colère, pour tout dire du combat mais sans pathos et surtout avec beaucoup d’espoir – c’est une ode la vie !
Grâce au spectacle et au livre, j’ai fait de très belles rencontres avec des kfigteuses et kfighteurs réalisant à quel point nous nous comprenions et qu’il y avait tant de similitudes dans nos parcours. On fait de si belles rencontres et on crée des liens très forts – c’est une des plus belles choses grâce à ce combat.

Une de mes citations préférées de ma grand-mère est que « sans pluie, il n’y a pas d’arc en ciel ». J’ai eu mon arc en ciel, un bébé l’an dernier. Et je me dis que si un bébé après un cancer est possible, alors tout est possible. Croyez en vos rêves, les plus fous. Rêvez grand. Et si vous êtes en plein dans le combat, je vous envoie tout plein de force pour mettre KO ce K – et mon mantra préféré « Never Give up » – N’abandonnez jamais. Prenez soin de vous. Et profitez de la vie.

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Lisa

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Lisa

Date de publication du témoignage :

RDV avec Lisa (Montpellier). En rémission, elle a écrit un livre sur son histoire « Blue mood » et est la présidente de l’association « Le Jour d’Après », qui accompagne les malades sur leur retour et maintien dans l’emploi. 

Vivre est la chose la plus rare. La plupart des gens se contentent d’exister.
Le 6 janvier 2016, on m’a diagnostiqué un cancer du sein. J’avais 29 ans et la nouvelle m’est tombée dessus comme un sacré coup de massue… Tout au long de cette traversée du désert, cette citation d’Oscar Wilde a pris tout son sens.
Je vivais à Montpellier, au soleil et près de la mer, mon rêve de gosse ! Je bossais dans une agence d’événementiel dans laquelle j’avais la casquette de décoratrice, régisseur et chargée de production. En coloc avec un pote, j’avais un amoureux, des potes et un chat. Bref, j’étais loin d’imaginer qu’un cancer allait faire son entrée fracassante !

Tout a commencé par une petite boule dans mon sein droit. Une tripotée d’examens pour finalement être rassurée par le chirurgien : « A votre âge, vous auriez une chance sur un million d’avoir un cancer, ce n’est qu’un fibroadénome ». Ouf !
Deux mois plus tard, une chirurgie programmée car ce petit rien du tout est douloureux, je sens qu’il faut qu’il quitte mon corps.

A mon réveil, le chirurgien s’assoit au bord du lit. Il m’explique que ce petit rien est en fait un cancer du sein triple négatif bien avancé et qu’on attaque immédiatement la chimiothérapie. Je ne sais pas si je suis encore anesthésiée ou bel et bien réveillée… Mais j’ai gagné à ce foutu loto du cancer !
Chimio, chirurgie, radiothérapie… Un an plus tard, je vais bien. Enfin j’ai vaincu ce foutu crabe mais j’ai du mal à me relever. Je rentre dans  » l’après cancer  » que j’ai du mal à accepter.
Alors je commence à écrire…

Pour que la maladie ne soit plus un tabou, notamment chez les plus jeunes, j’ai choisi de partager mon expérience. J’ai commencé timidement par écrire des articles sur un blog et puis, grâce aux encouragements de mon chirurgien, la rencontre des fondateurs de l’association “ Le Jour d’Après ”, j’ai publié un livre, mon histoire. “ Blue Mood”, ma période bleue, un clin d’œil à ma perruque turquoise qui m’a accompagnée ces nombreux mois …
A la fois thérapie et libération pour moi, j’espère qu’il apporte aux malades et à ceux qui les entourent, des réponses, du réconfort, et de l’espoir.

Aujourd’hui j’ai 34 ans. Je continue d’avancer sur un autre chemin et avec de nouveaux projets.
Cela passe par un nouveau job, bien moins fun mais qui me permet de VIVRE pour autre chose que mon travail et mon investissement auprès de l’association “ Le Jour d’Après ” dont je suis la présidente depuis deux ans. Après avoir participé à leurs ateliers, j’ai voulu m’engager auprès d’eux, pour aider les autres, pour donner un peu plus de sens à mon existence. “ Le Jour d’Après “ propose d’accompagner les personnes atteintes d’un cancer sur leur reconstruction identitaire et sur leur retour et maintien dans l’emploi. A ce jour nous avons accompagné une centaine de personnes pour un taux de réussite de 98 % !

Et surtout, mon plus bel espoir, depuis décembre 2019, je suis maman solo d’une petite fille.
J’ai mis du temps à comprendre qu’il n’y a rien d’anodin à avoir un cancer. C’est parfois un vrai signal d’alarme. Avec du temps, j’ai changé beaucoup de choses dans ma vie : je me suis éloignée de ce qui était toxique et, chaque jour, j’essaie de me concentrer sur ce qui est essentiel.

 

J’ai vécu beaucoup d’épreuves difficiles et ce ne sont certainement pas les dernières, mais tout cela donne du sens au mot VIE. Aujourd’hui, je sais que c’est précieux. J’essaie de rester résiliente.

 

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témoignage…

Laura

Laura

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Laura

Date de publication du témoignage :

 RDV avec Laura (Montluçon). Porteuse de la mutation génétique BRCA2, elle a choisi de réaliser une mastectomie bilatérale avec reconstruction à plat. Un choix qu’elle revendique.

En septembre 2019, après plus de deux ans de démarches et d’attentes, j’apprenais que j’étais porteuse de la mutation génétique BRCA2. Avec cette nouvelle donnée génétique, c’est tout un parcours qui s’est imposé dans ma vie. Après plusieurs mois d’examens et de réflexions, j’ai décidé de faire une reconstruction à plat et de me faire tatouer le torse dès que possible. Les autres reconstructions qu’on me proposait ne me correspondaient pas, alors j’ai décidé de foncer sur le chemin que je m’étais choisi.

J’ai donc eu une mastectomie bilatérale prophylactique le 2 octobre 2020.
Depuis, je suis plate, adieu le soutien-gorge !

L’acceptation prend du temps, même si c’est mon choix. Ne plus avoir de seins peut être difficile à vivre certains jours.
Aujourd’hui, je continue la kiné une fois par semaine. Le liquide lymphatique aime beaucoup mon corps, alors on continue à travailler sur tout ça.
Il y a des hauts et des bas, mais jamais je ne regretterai d’avoir fait ce choix de la reconstruction à plat.
On ne s’est pas dit bonjour avec le cancer mais j’espère qu’on s’est dit au revoir.

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