Déborah

Déborah

Déborah

Date de publication du témoignage :

RDV avec Déborah (Metz). Elle nous parle de la difficulté d’avoir un cancer, puis un deuxième. Mais « la vie l’emporte », comme elle nous le raconte.

Je m’appelle Deborah et je suis à l’aube de mes 47 ans.
Depuis mon plus jeune âge, j’ai été confrontée à la maladie. Soucis neurologiques. Le temps est passé et j’ai eu 2 enfants. Un vrai parcours de combattante aussi, mais la vie a été plus forte.

Autant dire qu’en 2017, lorsque j’ai fait ma mammo de contrôle, je n’ai pas été surprise par le diagnostic. Je vous épargne les traitements et autres réjouissances. Le plus important pour moi était de faire le test génétique car plusieurs cancers étaient déclarés dans ma famille et j’espérais que mes nièces et mes enfants seraient épargnés. Je n’ai pu faire ce test qu’à la fin des traitements et les résultats sont tombés au lendemain de l’annonce de mon deuxième cancer, en octobre 2018.

Autre cancer = nouveau traitement. Et comme ce n’était pas assez d’épreuves, mes problèmes neurologiques sont revenus.
Mais la vie continue.

Aujourd’hui, je ne travaille plus car mes longs arrêts de travail ont entraîné une rupture de contrat, d’un commun accord. Je n’en ai plus la force. Mais je m’accorde du temps et profite de chaque jour. Je découvre la vie telle que je ne l’avais jamais perçue. Bien sûr, mes cancers ont été des tsunamis et ont coupé les liens que je pouvais avoir avec ma famille, mais la vie l’emporte et chaque jour vécu est un jour gagné.

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Nataelle

Nataelle

Nataelle

Date de publication du témoignage :

RDV avec Nataelle (Yens, Suisse). Après un cancer du sein, elle a décidé de partager son expérience via un blog et un livre qui sortira début 2022.

J’ai été diagnostiquée d’un cancer du sein en juin 2018, à tout juste 40 ans. 40 ans pour moi, cela représentait un cap très difficile à franchir : je basculais dans l’extrême vieillesse. D’un côté, je voulais célébrer cette nouvelle dizaine, mais d’un autre coté elle me faisait très peur. Le cancer est arrivé comme pour me prouver que j’avais raison : 40 ans, ça allait être bien pourri !

En fait, j’avais senti une boule dans mon sein droit. C’était un cancer du sein de grade 3, donc virulent, mais stade 1, localisé. Ouf, au moins il était pris tôt !

Lorsque le diagnostic est tombé, il y a eu quelques jours d’intense brouillard, notamment pendant l’attente des résultats du TEP Scan. Puis voyant le protocole se préciser, mon mari est moi sommes partis en « mode projet » : logistique, enfants, parents, boulot… On a tout organisé pour que les traitements se passent dans les meilleures conditions. J’ai eu droit à la totale : tumorectomie, 4 chimios (Taxotère et Endoxan), 25 séances de radiothérapie, et hormonothérapie pour 5 à 10 ans. 

Je n’ai jamais été à l’aise avec le vocabulaire et l’environnement médical, alors j’ai décidé que les médecins se chargeraient de mon corps (je leur ai fait entièrement confiance), et que moi, je m’occuperais de mon esprit. J’ai essayé de très nombreuses méthodes, et ai réussi à trouver un ensemble de pratiques qui ont beaucoup allégé mon quotidien : jus vert, acupuncture, massages, visualisation, psy, homéopathie, coupeur de feu… J’ai également acheté de grands cahiers que je noircissais, jour après jour, avec mes peurs, mes doutes, mes rêves, mes angoisses…

Sentant que j’étais actrice de ma guérison, je me suis lancée dans le combat avec énergie et optimisme. Après coup, et quand je lis d’autres témoignages, je m’aperçois que j’ai eu peu d’effets secondaire et je suis pleine de gratitude pour cela !

Je suis en rémission depuis janvier 2019. Pour moi, il était évident que je devais changer des choses pour l’après-cancer, mais je ne savais pas vraiment quoi… Je cherche depuis trois ans. L’après-cancer est synonyme de Grande Réflexion, et parfois je me dis que cela ne finira jamais. Quelle vie ? Quel emploi ? Quelle charge de travail ? Quels projets personnels pour veiller à un équilibre de vie ? Tant de questions avec des pistes mais sans réponse claire… 

Il y a néanmoins deux belles choses qui sont sorties de ce cancer : @Le_Dragibus_Rose sur les réseaux sociaux (Instagram et Facebook), et un roman. La tempête passée, j’ai eu envie, de partager mon expérience et de donner de l’espoir. Ces pages se veulent résolument positives.

Puis j’ai eu envie d’écrire, toujours dans l’idée de partager mon expérience, tout en partageant optimisme et bonne humeur. J’ai écrit une autobiographie romancée de mon histoire, qui sortira aux Éditions Complicités début 2022 (infos sur le réseaux sociaux ϑ ). J’ai voulu une histoire à la 3ème personne, pour me détacher du personnage, et un récit qui puisse toucher autant les personnes atteintes du cancer, que les accompagnants, voire tout lecteur ! 

J’ai reçu de bons commentaires de la part de mes premiers lecteurs, et certains disent même que j’ai eu l’audace d’écrire un feel-good sur le cancer. Cela m’a fait très plaisir. Car je trouve important de garder en tête que le cancer est grave, oui, mais aussi qu’il peut bien se soigner, selon les cas. Alors gardons espoir !

Crédit photo Sébastien Champaux

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Carole

Carole

Carole

Date de publication du témoignage :

RDV avec Carole (Toulouse). Après un burn-out et un cancer, elle a transformé sa vie grâce à la méditation de pleine conscience.

Le 7 octobre 2020, je suis sortie sans voix du cabinet de radiologie, avec mon petit papier rose de dépistage du cancer du sein, reçu pour mes 50 ans. Littéralement sans voix, j’étais sidérée. Je devais commencer un nouveau job, il me restait une semaine de travail chez mon ancien employeur. Finalement, à la place de ce nouveau poste, j’ai enchaîné les rendez-vous à l’Oncopole de Toulouse, jusqu’à la date de la mastectomie avec reconstruction, un mois plus tard. Il était prévu ensuite chimiothérapie et radiothérapie. L’oncologue m’a appelée la veille de Noël pour m’annoncer que ce n’était pas nécessaire : je passais à la case « hormonothérapie » directement. Joli cadeau.

Avant le cancer, j’avais eu un sérieux burn-out. Une amie m’avait alors conseillé la pratique de la méditation de pleine conscience, et notamment le programme MBSR de réduction du stress. Moi, méditer ?! J’avais déjà entendu parler des bienfaits de la méditation mais franchement ce n’était pas pour moi : pas le temps, pas la patience…Bon, après tout je pouvais essayer, on verrait bien… et effectivement, j’ai vu ! J’ai de suite accroché, et constaté très rapidement une amélioration de mon état général. J’ai continué à pratiquer régulièrement la méditation, et le yoga, c’est devenu un nouveau mode de vie, très éloigné de ma vie antérieure à cent à l’heure ! Convaincue que ce programme MBSR pouvait améliorer la vie d’autres personnes, j’ai souhaité le partager. Je me suis alors inscrite dans une formation d’instructeur en pleine conscience de dix-huit mois, en parallèle de mon emploi.

Puis ce diagnostic de cancer qui arrive… J’aurais pu tout arrêter. J’ai décidé au contraire que j’allais vivre cette expérience avec la pleine conscience et à ma façon. Ma manière de réagir aux choses est ma plus grande liberté.

A cause de la mastectomie, je me rends chaque semaine auprès d’une kinésithérapeute spécialisée. Je lui raconte comment la méditation de pleine conscience a changé ma vie. Elle me propose alors de présenter une séance découverte à ses patientes atteintes de cancer du sein. Douze femmes qui n’avaient jamais médité. Et qui sont prêtes à tenter l’aventure. Ma kiné met à disposition son local une après-midi par semaine. Pendant quatre mois, chaque semaine, je m’attelle à préparer des ateliers sur mesure, pour « mieux vivre la maladie ». Je m’appuie sur mes cours, mes lectures, je cherche des exercices ludiques, des objets, afin d’animer ces moments uniques. Elles apprennent à méditer, à introduire de la pleine conscience dans leur vie quotidienne. Je les vois se transformer au fil des mois, reprendre confiance, apprendre la patience, le lâcher-prise, l’acceptation… bref à être leur nouveau moi !

Je leur propose ensuite mon premier enseignement du programme MBSR et elles acceptent avec enthousiasme. Le programme dure huit semaines, à raison d’une séance hebdomadaire de 2h30 et d’une journée en silence. Leur témoignage après le programme est pour moi le plus beau des cadeaux. Elles m’ont aussi accompagnée sur le chemin de la rémission.

Au-delà du cancer, le lien qui nous unit est celui de la résilience. C’est un chemin de vie.

Tout le monde a les ressources en soi, il suffit d’apprendre à ouvrir ce trésor et de profiter de chaque instant présent.

Je reprends bientôt mon travail à temps partiel et je continue à enseigner la pleine conscience. Pas uniquement à des patients atteints de cancer, mais à des humains, tout simplement.

« La blessure est le lieu par où la lumière entre en vous » – Rûmi

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Isabelle

Isabelle

Isabelle

Date de publication du témoignage :

RDV avec Isabelle (Pechbonnieu). Elle nous partage ses conseils pour aller mieux : jeûner, méditer et surtout, marcher.

En 2016, j’étais intervenue sur la scène de la première édition de l’événement les Magiciennes d’Ose, une série de mini-conférences, de témoignages optimistes et inspirants. Mon sujet était alors de parler de façon positive du cancer, l’expérience que j’avais vécue deux ans auparavant. La vidéo de l’enregistrement n’est malheureusement plus en ligne. J’ai relu le texte de mon intervention et j’ai pu constater que cinq ans plus tard, il n’avait pas pris une ride : tout est encore vrai. Pour en garder durablement une trace, je l’ai publié sur mon blog. 

À cette occasion, j’avais décrit trois pratiques que j’avais associées aux traitements qui m’étaient prescrits et qui m’avaient beaucoup aidée : marcher, jeûner, méditer. Ces trois pratiques ont un trait commun qui peut se résumer par la formule « moins de plus, plus de moins ».

Pour le jeûne, c’est évident : moins de nourriture, voire plus de nourriture du tout. Un jeûne sur plusieurs jours, ce n’est pas toujours facile à intégrer dans sa vie courante. En revanche, un jeûne intermittent, c’est plus aisé. Quand le corps le réclame, il est assez simple de sauter un repas, même deux. Au quotidien, c’est aussi une alimentation moins riche, moins abondante, moins de gras, moins de sucre, plus de produits simples et naturels.

Tout comme l’alimentation saine, la méditation a le vent en poupe depuis quelques années. Pour être dans le coup, il est de bon ton de s’y intéresser d’une manière ou d’une autre. De nombreux ouvrages y sont consacrés. De nouveaux outils digitaux fleurissent pour nous y aider. La méditation vise à réduire l’agitation mentale (moins de plus), à augmenter le calme, la zénitude (plus de moins). Les bénéfices que l’on en retire valent bien l’effort de l’apprentissage de cette pratique.

La façon qui me convient le mieux pour m’entraîner à la méditation, c’est d’aller marcher. La marche ralentit la course du temps et apaise le flot des pensées. Marcher longuement est aussi une bonne occasion de pratiquer un jeûne digital : pas de messagerie, pas de réseaux sociaux, pas de notifications. Rien d’autre que mon corps qui se déplace dans le paysage qui m’entoure.

Je me figure le cancer comme un trop-plein qui s’accumule à l’intérieur, parce qu’il n’a pas trouvé de moyens de s’évacuer, de se réguler. Cette accumulation peut venir d’excès ou de dérèglement alimentaire, de surcroîts de sollicitations intellectuelles, de débordements émotionnels. N’importe quel « trop » qui peine à se réguler et qui reste coincé à l’intérieur.

Les causes du cancer sont multifactorielles. A ces considérations, peuvent aussi s’ajouter des éléments externes, génétiques ou environnementaux. Si la question était simple, sans doute que cela ferait longtemps que des solutions auraient été trouvées pour surmonter ce fléau. Comme je peux difficilement agir sur les facteurs externes, je me concentre sur ce qui dépend de moi.

Le vocabulaire guerrier souvent employé à propos du cancer ne me convient pas. J’envisage cette expérience non pas comme un combat, une lutte sans merci : cela reviendrait à se battre contre moi-même. Je l’ai vécu et continue de le vivre plutôt comme un apprentissage, un encouragement à réguler mes tensions et mes pressions intérieures et à trouver les soupapes et les moyens d’expression pour laisser sortir ce qui me pèse ou m’encombre.

Les régulateurs que je pratique sont donc jeûner, méditer et (surtout) marcher. La marche est ce que j’ai trouvé de plus simple à intégrer dans ma vie de tous les jours pour prendre soin de ma santé. Un simple tour de mon quartier, une balade du dimanche (ou d’un autre jour) ou une grande randonnée itinérante, tous les pas sont bons à prendre ! Je m’y adonne avec un plaisir toujours renouvelé. D’ailleurs, je m’en vais de ce pas faire une pause et sortir faire un tour !

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