Camille

Camille

Camille

Date de publication du témoignage :

RDV avec Camille (Paris). Après de lourds traitement pour un cancer du poumon, elle propose des ateliers créatifs pour exprimer son ressenti et se dire « Cancer, qu’en faire ? »​

J’ai reçu mon diagnostic de tumeur neuro-endocrine bronchique à l’été 2019, à l’âge de 28 ans. Alors que pendant tout le bilan d’extension on m’avait dit que l’on allait me retirer deux lobes pulmonaires, je me suis réveillée en Septembre 2019 avec un poumon en moins, à devoir tout réapprendre : marcher, respirer, tenir debout. C’était à la fois une claque gigantesque et une leçon d’humilité immense. Malgré tout, ce leitmotiv de « faire » quelque chose de cette expérience ne m’a jamais quittée.
Finalement, étant directrice artistique de métier, je me suis naturellement tournée vers l’art et la création pour m’accompagner et m’aider à aller mieux pendant ma convalescence. J’ai pris la décision de me spécialiser dans la santé et le bien-être et de proposer des ateliers créatifs à destination des personnes touchées par le cancer : c’est ainsi que « Cancer, qu’en faire ? » est né, mi-2021.
Ces ateliers sont une façon de « faire » de mon cancer quelque chose, en proposant à des femmes de renouer avec leur créativité et de leur faire découvrir des outils artistiques dont elles pourront à leur tour se saisir afin d’exprimer leurs ressentis, et raconter leur propre histoire.
Je propose des formules en visio, aussi bien que des ateliers en présentiel à Paris, sur des thématiques et avec des médiums artistiques variés. Il ne s’agit pas d’ateliers d’art-thérapie, car les productions n’ont pas vocation à servir de point de départ à une lecture psychologique, mais de véritables moments de création et de découverte artistique et de partage.
https://www.instagram.com/cancerquenfaire/
https://www.instagram.com/camilleesayan/​

Esther

Esther

Esther

Date de publication du témoignage :

RDV avec Esther (Bordeaux). Une fois les traitements lourds terminés, elle réalise à quel point ça a été dur et compliqué.

Toute ma vie a été modifiée. J’ai arrêté de travailler. J’ai déménagé à Bordeaux pour mon traitement. J’ai moins vu mes enfants. J’ai dû lâcher ma vie quotidienne habituelle. Lâcher des préceptes. Des croyances. Des notions. J’ai morflé, physiquement, émotionnellement mais sans m’en rendre compte. Je le vois maintenant. Quand j’étais dedans, j’étais un bon soldat, j’avançais.
J’ai passé toutes les étapes une par une sans vraiment réaliser que c’était dur. La chimio, l’opération, le covid au milieu, la radiothérapie. C’est maintenant que je réalise combien j’ai morflé. Je l’ai fait, mais ne le referai pas.
Le plus dur, ce n’était pas de perdre les cheveux, c’était de perdre les sourcils, les cils. Le plus dur, ce n’était pas la chimio, c’était l’injection de globules blanc après, c’était l’organisation des rendez-vous, et la charge mentale sans avoir de mémoire.
J’ai été très seule. Seule car mon homme n’a pas été là. Il semble que cette maladie l’a encombré. Comme un homme jaloux quand sa femme a un enfant, et qu’il n’est plus au centre… Je ne sais pas. Je me suis sentie moins aimée que jamais. Sans valeur. Et ça a été le plus dur. Trouver ma valeur par moi-même. Pour moi même…. La valeur de la vie aussi….
https://www.instagram.com/esther_atokomahia/

Priscille

Priscille

Priscille

Date de publication du témoignage :

RDV avec Priscille (Lausanne). Elle nous parle de Leman hope et de tout ce que cette association apporte aux jeunes Suisses touchés par le cancer.

Après la maladie, les conséquences à long terme sont une réalité et le retour à une vie «normale» n’est pas aisé. De nombreuses personnes gardent en eux des séquelles émotionnelles importantes, des pertes de compétences physiques parfois, et pratiquement toujours, le sentiment d’être différents.
Léman hope est un jeune projet Suisse inspiré du EllenMacArthur Cancer Trust (GB) qui utilise les bienfaits de la voile comme outil thérapeutique pour aider des enfants et jeunes en rémission du cancer à reprendre confiance en eux, en participant à une croisière à bord d’un voilier pendant quatre jours et quatre nuits sur le lac Léman.
Durant les croisières les jeunes sont amenés à:
– Se sentir inclus, compris sans jugement, ni questions. Une connexion forte avec les autres survivors.
– Se sentir compétent et utile. Être actif physiquement, redécouvrir ce dont on est capable.
– Apprendre quelque chose de nouveau chaque jour
– Sortir du quotidien, vivre une expérience d’indépendance hors du cadre familial. Prendre conscience du moment présent, laisser les soucis à terre.
– Partager, s’encourager mutuellement, s’ouvrir aux autres.
Notre ambition est de proposer à tous les jeunes survivors de Suisse d’embarquer en croisière Léman hope, chaque été jusqu’à leurs 21 ans. Des croisières frères et sœurs seront aussi développées.
Les témoignages des jeunes et de leur famille illustrent un boost de confiance incroyable sur leurs jeunes vies. Je vous partage ceux d’Aurélien et Isabelle, 13 ans.
”Sur le bateau, on est tous pareil et on sait tous ce que ça fait d’être malade.”
« Mon meilleur moment était le 17 juillet quand on a gité. J’ai adoré cette sensation de voler au-dessus de l’eau. Je me sentais libre. J’avais l’impression de ne plus être connectée au reste du monde, on vivait exclusivement sur le voilier, c’était un peu hors du temps. Ça m’a aidée à apprendre de nouvelles choses en rapport avec la navigation, à essayer des nouvelles choses que je ne pensais pas savoir faire et avoir plus confiance en moi. J’ai beaucoup aimé rencontrer des gens ayant vécu des expériences similaires. Je me sentais moins gênée d’en parler, je me sentais bien. »
www.lemanhope.ch
https://www.facebook.com/lemanhopeproject/
https://www.instagram.com/leman_hope/

Véronique

Véronique

Véronique

Date de publication du témoignage :

RDV avec Véronique (Toulouse). Elle a créé une boutique dédiée aux femmes, à toutes les femmes, afin de les accompagner au mieux.

Il y a presque dix-huit mois, j’ai créé Chouchoute, à Toulouse… «Antre de la féminité dans sa diversité ».
Après plusieurs expériences professionnelles variées, dont treize années dans le milieu médical et l’accompagnement de personnes souffrant d’obésité ou de problèmes comportementaux liés à l’alimentation, j’ai pu échanger et rencontrer de nombreuses personnes touchées par le cancer, certaines très proches, et j’ai fait le constat que le parcours était laborieux et qu’il était difficile de trouver les réponses à des besoins spécifiques et de sortir de ce milieu très médicalisé (pharmacies, orthopédistes, prothésistes capillaires…)
Alors, après mûre réflexion, j’ai fait le pari de répondre à une nécessité, ouvrir une boutique dédiée à toutes les femmes, dont celles en parcours de soins oncologie. La femme qui se trouve confrontée à la maladie, souhaite préserver sa beauté, son intimité, donc sa féminité. Parce que le corps est parfois malmené par les traitements, perte de cheveux, chirurgie, effets secondaires, il est important de se réconcilier avec lui. Chouchoute vous accompagne à chaque étape de votre parcours loin du protocole de soin. Ici, on accueille avant tout la femme et non la «femme malade », et ça fait la différence.
Pour réaliser ce projet, je me suis documentée, formée, cela a pris du temps, mais aujourd’hui je suis «à ma place» !
On me pose souvent la question : «Avez-vous eu un cancer ?», la réponse est non, enfin… pas encore, devrais-je dire !
Ce qui a motivé ce projet, c’est l’intérêt que j’ai toujours porté aux femmes, à leurs conditions de vie, ce qu’elles peuvent traverser, leur force face aux épreuves de la vie. Cela me tenait à cœur de les accompagner dans cette épreuve du cancer en leur offrant un lieu chaleureux, intime, accueillant, bienveillant mais aussi très féminin.
On trouve chez Chouchoute toutes les alternatives à la perte des cheveux (perruques, franges, turbans, bonnets, foulards, chapeaux…), des prothèses mammaires externes en silicone, des prothèses de mamelons, des accessoires de mode (maroquinerie, bijoux, barrettes, bandeaux….), de la lingerie (adaptée ou non), des brassières post opératoires, des cosmétiques bio et ciblés pour pallier aux effets des traitements lourds, des vêtements confortables et féminins, du tout coton, des articles bien-être et déco…
Lorsqu’une femme vient par exemple pour un problème d’alopécie lié à une chimiothérapie, et qu’après avoir trouvé une solution, plus détendue, elle flâne dans la boutique et s’achète une petite paire de boucles d’oreilles, elle se fait plaisir, elle repart avec le sourire, et même si ce qui l’a amenée dans cette boutique c’est son cancer, son esprit s’est égaré de cette problématique.
Chouchoute organise également des ateliers avec des intervenants extérieurs, socio-esthéticienne, nutritionniste, conseillère en image, sophrologue…. Des petits groupes qui permettent l’échange hors du contexte médical.
J’ai également à cœur d’être un lieu d’informations, sur les associations, les professionnels de santé, les animations, les recueils d’informations et divers site internet qui peuvent être utiles.
www.chouchoutetoulouse.com
https://www.instagram.com/chouchoute.toulouse31/?hl=fr
https://www.facebook.com/chouchoute.toulouse

Audrey

Audrey

Audrey

Date de publication du témoignage :

RDV avec Audrey (Haute Savoie). Après son cancer du sein, et celui de sa maman, elle créé K-hope in pour partager son expérience de malade et d’aidante.​

J’ai 37 ans, mariée et un enfant de six ans.
On m’a diagnostiqué un cancer du sein à 32 ans. Pour les détails, je suis une fausse triplette : ma mutation et la très très faible réponse hormonale font dire à l’oncologue de mon centre de chimio que je suis triple négative, et à l’oncologue du centre où je suis suivie que ce mini-pourcentage mérite quand même de prendre l’hormonothérapie.
Et comme je ne fais que rarement les choses comme tout le monde, avec ma maman, on a fait coup double, puisque trois mois après mon diagnostic, c’est le sien qui est tombé : cancer des ovaires.
J’ai eu le package complet : mastectomie, chimio, radio, puis on est passé au prophylactique avec le sein restant, doublé de la reconstruction puis ablation ovaires et trompes. Me voilà donc avec un corps tout neuf.
En revanche côté professionnel, ça n’a pas suivi : un poste physique doublé de responsabilités, un employeur peu conciliant et l’arrivée du Covid ont repoussé ma reprise à plusieurs reprises, me faisant arriver à une fin de droits et donc à l’impossibilité d’un mi-temps thérapeutique. C’est finalement la médecine du travail qui a eu le dernier mot : licenciement pour inaptitude.
Bonjour nouvelle vie. Après un an de chômage à chercher ce que je voulais faire de ma vie, je savais bien ce que ne voulait plus mais quant à ce que je voulais …
Aujourd’hui, je tente de créer « K-hope in », une boutique ambulante dédiée aux personnes atteintes de cancer (cosmétique, textile, accessoires coiffants, franges, …) qui sillonnerait la Haute-Savoie. Je souhaite allier mon expérience personnelle de patiente, mais aussi d’accompagnante, à mes compétences professionnelles.
Pour voir naître ce projet, j’ai mis en place une cagnotte en ligne sur la plateforme Kocoriko (clôture le 19 mars à 10h) afin de m’aider à boucler mon financement de départ, parce que, il faut bien l’avouer, après trois ans d’arrêt maladie, les finances sont limites et investir ce qui nous reste, quand on sort d’un cancer, c’est clairement effrayant.
https://www.facebook.com/k.hope.in
https://www.instagram.com/k.hope.in/