Mélissa

Mélissa

Mélissa

Date de publication du témoignage :

RDV avec Mélissa (Seine et Marne). Atteinte d’un lymphome de Hodgkin à 30 ans, elle a écrit un livre pour partager son histoire et raconter le rôle si important des aidants.

Que peut-il arriver à 30 ans ? Un mariage, faire la fête, donner naissance, rencontrer l’amour de sa vie, terminer ses études, voyager…. Dans une liste qui est tout autant différente pour chacun d’entre nous, à 30 ans le cadeau que la vie à voulu me donner, c’est un cancer.
Soyons précis, elle m’a offerte le lymphome de Hodgkin, qui est un cancer qui touche le système immunitaire. On me dira souvent au cours de mon parcours que j’ai de la chance car ce cancer, bien qu’il soit rare, se soigne très bien. C’est ainsi que mon verre, que j’imaginais à moitié vide, était aussi à moitié plein. Du moins au début, car il faut le reconnaitre, il est difficile de se raccrocher à un semblant de positivité quand tout votre monde s’écroule et que vous n’êtes finalement plus que votre ombre.
Six mois à être présente physiquement mais absente du monde qui m’entourait. J’ai souffert, terriblement comme jamais je n’aurais pensé. La colère, la tristesse, l’abattement sont des sentiments normaux et pourtant je trouve qu’ils ne sont pas assez véhiculés. Le cancer est une petite mort et en ce sens tout un processus de deuil se met en place.
C’est au travers d’un livre que j’ai voulu poser mes maux mais pas que. J’ai voulu aussi parler d’eux : nos amis, nos connaissances, nos familles, nos conjoints… Ces Autres qui nous aident et qui subissent aussi cette tempête, ils sont présents dans l’ombre et pourtant ils occupent une place tellement importante, presque vitale.
Aujourd’hui en rémission, on a tendance à croire que c’est terminé, qu’une page s’est tournée. Erreur : l’épée qui s’est abattue disparait petit à petit. Cinq ans à vivre avec cette idée que tout peut revenir. Le corps guérit, il faut désormais soigner l’esprit. Chacun sa technique, chacun sa méthode, l’essentiel est de se retrouver ou de se réinventer. Alors oui, l’après n’est pas facile, il est à construire au fur et à mesure du temps mais heureusement, ce cancer qui n’a pas seulement touché mon corps et mon esprit, devient un souvenir atténué par la douceur et l’amour que ces Autres m’ont apporté. Comme disais quelqu’un de connu : aimez-vous les uns les autres et surtout profitez de la vie.
Finalement les médecins avaient raison, je suis chanceuse oui, car tout mon petit monde m’a aidée à son niveau. Chanceuse oui, car j’en suis sortie en vie. Chanceuse oui, car je peux en témoigner. Chanceuse oui, car j’en suis transformée.

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Annie

Annie

Annie

Date de publication du témoignage :

RDV avec Annie (Charleville-Mézières). Pair aidante en santé mentale, elle a écrit un livre racontant son parcours lié au cancer du poumon.

Décembre 2019, je viens de rentrer de Lyon où j’entame une année universitaire afin de préparer un D.U. (Diplôme Universitaire) en santé mentale.

J’ai cinquante-deux ans, je suis une femme de projets et je viens d’avoir les ailes coupées en plein vol par cette maladie qu’est le crabe.

Mi-novembre 2019, je consulte pour une bronchite chronique qui se transforme en bronchite asthmatiforme. Etant une très grosse fumeuse, je sais pertinemment pourquoi je souffre au niveau des bronches. Avec mon épouse, Sylvine, je me rends néanmoins à la faculté de Lyon où je dois reprendre mes études en santé mentale. Je suis bipolaire et stabilisée depuis une dizaine d’années, et particulièrement depuis cinq ans. Tout mon projet repose sur cette thématique et depuis trois ans, je travaille avec acharnement sur la pair- aidance. (La pair aidance est un métier en construction. Il s’agit de faire bénéficier de l’expérience d’anciens patients stabilisés aux patients encore malades d’une part, et d’autre part, réussir à intégrer des équipes pour travailler ensemble)

A Lyon, je ne suis pas en forme. Je suis fiévreuse, je tousse énormément et j’ai du mal à respirer… Durant toute la semaine, je m’efforce néanmoins de tenir sur les bancs de la faculté. On dit très souvent de moi que je suis une warrior, alors je serre les poings et j’étudie. Nous rentrons le samedi suivant mais les symptômes semblent s’aggraver. Je demande à mon épouse de m’emmener aux urgences. On est dimanche, je consulte donc à nouveau. Sylvine, qui est aide-soignante, guide le médecin. Ce dernier constate une température élevée et une saturation (taux d’oxygène dans le sang) très basse. Il pense à une pneumonie. Je repars chez moi avec un antibiotique à large spectre.

Cela sera donc un dimanche de repos sous la couette. Lundi soir, Sylvine m’appelle de son lieu de travail pour prendre de mes nouvelles. Elle constate mon air essoufflé, alors que je suis tranquillement allongée sur le canapé depuis le début de l’après-midi. A son retour du travail, tout en préparant mon sac, Sylvine me prépare surtout psychologiquement à une éventuelle hospitalisation.

Nous sommes en décembre 2019, je suis hospitalisée pour une pneumonie.

Je ne sais pas pourquoi, une intuition, je pressens que les choses sont sérieuses.

La soignante, en pneumologie qui vient me chercher me dit une phrase très culpabilisante et Sylvine la reprendra de volée plus tard dans notre histoire. Alors que je rentre pour une pneumonie dans un état pitoyable, l’aide-soignante me sert la phrase suivante : « Et ben, c’est malheureux d’en arriver là à cause de cette cigarette !!!! ». Mais qui est cette soi-disant professionnelle de santé qui m’assassine au lieu de me rassurer ?

Je suis en sueur, j’ai chaud, j’ai froid et j’ai cette femme qui me fait la morale !!!!

Il est 1h du matin, Sylvine souhaite m’accompagner dans ma chambre. Cette même aide-soignante refuse que mon épouse me suive. Sylvine a du caractère et impose sa présence….

Les médecins présents me font passer une radio des poumons. Ne me demandez pas pourquoi, est-ce là encore mon intuition, est-ce là encore ma capacité à lire sur les visages des professionnels, je sens qu’il se trame quelque chose de grave !

Nous sommes fatiguées, je m’installe dans ma chambre alors que mon amoureuse rentre à la maison, seule…

Le lendemain, après radiographie et d’autres examens, un médecin vient m’annoncer le verdict. Il est gêné, il cherche ses mots, je comprends…

« Le diagnostic est plus sombre», me dit-il.

Je le laisse s’exprimer mais je sais déjà ce qu’il va m’apprendre…

Le mot cancer est avancé avant même le résultat des biopsies ! Adénocarcinome ! Tumeurs malignes….

« Tu meurs », tumeurs…

« Tumeuras pas eu ! »

Ce terrible mot « cancer » fracasse mon mental !

Aujourd’hui, je n’ai plus de traitement du tout.

Mon oncologue dit que je me dirige vers une guérison.

Ce cancer m’a appris à prendre soin de moi en priorité mais je ne peux m’empêcher de me tourner encore vers les autres. En effet, avec mon épouse, nous avons validé auprès de l’ARS un projet d’accompagnement cas par cas, en oncologie/psychiatrie.

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https://www.facebook.com/ANNIEMENONVILLE

Edwige

Edwige

Edwige

Date de publication du témoignage :

RDV avec Edwige (Paris). Après son cancer et deux récidives, elle se consacre à la peinture et participe à de nombreuses expositions.

Diagnostiquée triple négatif en novembre 2016, récidive en 2018 et 2019. Mastectomie, deux parcours de chimio et radiothérapie, de nombreuses opérations.
Après une séance d’art thérapie suite à ma seconde récidive, je décide de reprendre les pinceaux et couteaux. Je suis graphiste et je peins frénétiquement tous les jours de l’abstrait. Six mois après, j’expose dans une galerie à Paris. Et de là, je décide en 2020 de participer au salon Artshopping au Carrousel du Louvre et à Art3F à la Porte de Versailles, salons repoussés avec la Covid. Je participe également à une expo dans le métro en 2020.
La peinture est un moyen de m’échapper de la maladie, une sorte de méditation.

http://abstr.ed
https://edwigevattier.wixsite.com/abstred

Cinda

Cinda

Cinda

Date de publication du témoignage :

RDV avec Cinda (Bruxelles). Après ses traitements contre un cancer du sein triple négatif, elle propose des accompagnements en tant que coach cancer, et est également instructrice de pleine conscience certifiée pour enfants.

Février 2019 : « Vos résultats ne sont pas bons, pas bons du tout. » Voilà comment à 35 ans, un simple coup de fil a complètement changé ma vie.
Je n’avais jamais entendu parler d’un cancer du sein triple négatif (quel nom barbare !) très agressif, déjà bien avancé, qui touche surtout les femmes jeunes, souvent sans antécédents. Je n’avais jamais imaginé non plus ce qui m’attendait par la suite.
Par contre, j’ai tout de suite compris qu’il y aurait un avant et un après ce diagnostic. C’est marrant comme on n’imagine pas la chance qu’on a d’être en bonne santé, en vie, comme si c’était acquis avant de passer de l’autre côté de la barrière.
J’ai été directement animée d’un puissant élan de vie et consciemment décidé de choisir l’espoir, un jour à la fois, un petit pas à la fois, malgré un traitement dit « au karcher », couplé d’un diagnostic défavorable. Je n’ai pas envie de m’attarder ici sur les effets secondaires, pas très secondaires d’ailleurs, des onze mois de chimiothérapie, la mastectomie, ni la radiothérapie.

J’ai plutôt envie de vous parler de l’immense gratitude que je ressens. Gratitude d’être encore là aujourd’hui. Gratitude de pouvoir profiter des petits et grands moments de l’existence, en pleine conscience, car je sais à quel point la vie peut être fragile. Gratitude d’être entourée de l’amour bienveillant de mes piliers : mes trois loustics, mes amours, mes soleils, mon extraordinaire mari, ma famille formidable et mes amies irremplaçables. Gratitude pour avoir enfin osé me lancer dans la voie de l’accompagnement en coaching. Gratitude aussi pour toutes ces belles rencontres et des tas d’autres choses encore présentes et à venir.

Et puis, si vous me posez la question, la reconstruction ne concerne pas que ce petit bout de moi qu’on a dû m’enlever et que j’ai décidé, pour l’instant, de ne pas reconstruire. Cette reconstruction est un chemin physique et psychologique, de longue haleine. Un chemin dont je ne sais pas quand je verrai le bout. Un chemin de résilience, passionnant, enivrant, semé d’embûches, de détours et de joies. Parce qu’après le cancer, il y aussi, et surtout, la VIE.

« On a deux vies. La seconde commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une ». Confucius

https://www.cinda-uninstantamoi.com/
https://www.facebook.com/coachinguninstantamoi

Chrystelle

Chrystelle

Photo de Chrystelle

Chrystelle

Date de publication du témoignage :

RDV avec Chrystelle (Sorbiers). Après un premier cancer du sein, puis une récidive, elle a créé l’association Amarose’s pour promouvoir le sport post cancer sous toutes ses formes.

J’ai 43 ans. Un premier cancer en 2012 m’a délesté de mon utérus. Heureusement, j’avais déjà trois merveilleux enfants, deux garçons et une fille. Puis en 2015, rebelote : le sein droit, puis les ganglions, et le gauche. Mastectomie bilatérale, chimiothérapie, perte de 20 kg, de mes cheveux, cils, sourcils, ongles… une métastase sur le coccyx cimentée.

Des douleurs et quinze chirurgies plus tard, un retour au sport grâce à un programme de rééducation post cancer à Rive de Gier : RECANFORT !

Depuis, et grâce aux rencontres effectuées lors de ces quatre semaines, j’ai créé l’Association  » Amarose’s  » dédiée au développement et à la promotion du sport en post cancer du sein, afin de diminuer les effets secondaires des traitements et diminuer les risques de récidives : canoë, marche nordique, gym, relaxation et pilates, sont proposés aux adhérentes, ainsi qu’un défi annuel VOGALONGA, TRAVERSEINE …. Des projets pleins la tête et l’envie de foncer, en vivant l’instant présent  » ici et maintenant ».

Infirmière puéricultrice j’ai pu reprendre un emploi à plein temps en avril 2017…et suis toujours entourée de mes acolytes de la première heure !! Mes 3 F qui se reconnaîtront. Un grand merci à toutes les personnes qui partagent mon chemin, encore et toujours…

https://www.facebook.com/kryst.amaroses
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