Laura

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Laura

Date de publication du témoignage :

RDV avec Laura (Cognac). Atteinte d’un lymphome, elle se projette dans une nouvelle vie professionnelle et espère retrouver de l’empathie pour celles et ceux qui l’entourent.

​J’ai 26 ans. Après des années ponctuées de galères plus ou moins graves, je pensais, depuis deux ans, que j’en avais enfin fini. C’était loin d’être le cas.
Je suis responsable d’animation en village vacances. J’adore mon métier, j’adore ce que je fais : faire en sorte que mes vacanciers passent de bonnes vacances, qu’ils aient des étoiles dans les yeux en rentrant chez eux, leur faire découvrir plein de choses, les faire rire… Bref, avoir un petit impact sur eux et qu’ils ne m’oublient pas. En revanche, j’ai toujours eu un problème avec les équipes que j’ai eues : soit de jeunes animateurs qui pensaient savoir tout mieux que tout le monde, soit de plus vieux qui n’acceptaient pas d’être sous la direction d’une fille plus jeune. Et j’ai eu trois saisons très très compliquées moralement.
C’est pourquoi, début août 2020, je décide de rompre mon contrat et de rentrer chez moi, en faisant un détour par chez mes parents, puisque ma sœur y est arrivée elle aussi le jour même. C’est quelques jours plus tard que j’ai appris la présence d’une tumeur au médiastin. Et une semaine après, le nom de lymphome était posé.
J’ai donc décidé, d’un commun accord avec mon compagnon et mes parents, de rester vivre chez ces derniers pour y être soignée. Premier changement de vie.
Pendant les chimios, qui étaient très dures, j’ai eu grand temps de réfléchir. Et si c’était ces dernières situations qui m’avaient rendue malade ? Si c’était le stress et les angoisses d’aller travailler ? Deuxième changement.
Je savais déjà depuis septembre que c’était fini. L’animation ne serait plus pour moi qu’un souvenir, déjà pour ces raisons, mais aussi parce que je savais que mon corps ne supporterait plus ce train de vie.
Durant les traitements, alors que j’avais l’une des chimios les plus agressives, je suis restée « sage ». Je suis pourtant l’une des filles les plus douillettes qu’il soit. Et pourtant, je me suis très peu plainte. C’est ma mère qui me l’a affirmé, elle qui avait « peur » de ça.

Aujourd’hui, en février 2021 je ne suis toujours pas en rémission et j’attends un traitement dit « révolutionnaire » qui pourrait enfin mettre le mot « rémission » en lumière. Je suis toujours déterminée à ne pas reprendre le métier que je faisais avec passion, même si beaucoup de mes anciens vacanciers m’attendent avec impatience.
Ayant toujours été passionnée de maquillage, je compte me reconvertir quelques mois, quelques années, après la rémission. C’est un challenge : reprendre l’école à 27 ans passés, et je me pose toujours beaucoup de questions là-dessus. Est-ce une bonne idée ? Est-ce que je serai douée ?
Dans tous les cas, le cancer m’a ouvert les yeux. Ouvert les yeux sur ce qui était important. Ne plus se plaindre pour n’importe quoi. Relativiser face à ce qui nous entoure : il y a plus grave et il y aura toujours plus grave que soi. J’ai, en revanche, moins d’empathie. Je ne supporte plus les petites plaintes de mes proches ou même des inconnus. Cela m’agace et me met de mauvaise humeur pour la journée. J’espère que cela s’apaisera avec le temps…

https://www.instagram.com/loraaahf/

Alain

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Alain

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RDV avec Alain (Levallois-Perret), cancérologue, radiothérapeute, président du conseil médical de l’Institut d’Oncologie des Hauts-de-Seine, directeur médical de l’Institut de cancérologie Hartmann et président de l’Institut Rafaël Maison de l’après cancer.

Vaincre le cancer est ce qui m’anime.
Au-delà de mon expérience scientifique, qui m’a permis de développer les plus hautes technologies de précision en radiothérapie et radiochirurgie par Cyberknife grâce au centre Hartmann, ma conviction profonde est d’être avant tout philosophe de la vie.

Témoigner aujourd’hui, c’est vous raconter l’histoire d’une femme dans son village qui faisait des gâteaux pour tout le voisinage ; c’était sa manière à elle d’exister, d’aider les autres, sa vie sociale.
Elle tomba malade et refusait de se faire soigner.
J’ai reçu de nombreux appels quotidiens de son entourage pour me demander de la prendre en charge, mais elle refusait toujours. A force de discussions, elle découvrit qu’elle connaissait ma grand-mère ; qu’elle accouchait les femmes du même village et a finalement accepté que je la soigne, en confiance.
La France, système de soin magnifique, prend alors tout en charge : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie. Après les traitements, cette femme restait enfermée chez elle, déprimait et ne faisait plus rien, plus de gâteaux. À ce moment j’ai décidé d’envoyer une équipe (psychologue, onco-esthétique, nutritionniste, hypnose…) pour l’accompagner. Et, en moins d’un mois, à moindre coût, elle récupéra, retrouva le goût de la vie et se remit à faire des gâteaux.

La France fait un effort extraordinaire ; on paie tous les brevets de la planète mais pourquoi ne pas financer quelques séances d’accompagnement pour aider les patients à aller mieux ?

C’est pour cela qu’avec mes associés, nous avons décidé d’ouvrir l’Institut Rafaël pour ne pas se contenter de travailler techniquement sur la maladie mais travailler aussi sur ses méfaits et effets secondaires. Il est important de s’occuper du patient dans sa globalité, de considérer l’Autre dans sa fragilité, son âme et son corps.

www.institut-rafael.fr
www.esthetique-cancer.com
https://sport-pour-vaincre-le-cancer.com
https://afac-cancerologie.fr

Pauline

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Pauline

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RDV avec Pauline (Le Vernet – 31). Avec ses amies, elle a créé une association de fabrication de bonnets-turbans réalisés à partir de tissus de récupération. Ou comment allier environnement, entraide et bienveillance.

Originaire de la campagne carcassonnaise, j’ai migré vers la ville pour débuter ma carrière professionnelle. J’ai vécu pendant des années au centre-ville de Toulouse, une ville que j’aime beaucoup. Puis j’ai eu envie de renouer avec la nature, prendre le temps, faire pousser mes légumes dans mon jardin, voir grandir mon enfant dans un environnement plus calme et serein…

J’ai déménagé à la campagne, avec mon mari et ma fille de 5 ans. À notre arrivée, nous avons très rapidement fait la connaissance d’une petite voisine de 8 ans qui n’allait jamais à l’école et qui est devenue notre invitée quasi quotidienne. Une petite Constance, qui rêvait de voyager dans l’espace, atteinte d’une leucémie et qui est partie rejoindre les étoiles deux ans plus tard. L’apparente tranquillité de la campagne n’est pas épargnée par ces drames.

Après avoir rejoint, en tant que membre du bureau, l’association de soutien « Constance, la petite guerrière astronaute » pour l’accompagner, elle et sa famille, jusqu’au bout, j’ai eu envie par la suite de me lancer dans un nouveau projet qui aille dans le sens de mes convictions : respect de l’environnement, entraide, bienveillance.

Autour de nous, j’ai vu combien chaque famille pouvait être touchée par le cancer. Comme je m’adonnais de plus en plus à la couture pour faire moi-même mes vêtements, j’ai pensé que je pourrais apporter mon aide à travers mon humble savoir-faire et en faire profiter des personnes qui pourraient en avoir vraiment besoin pour se sentir mieux dans leur lutte contre la maladie.

J’ai donc créé l’association « Les bonnes étoiles » (comprenez aussi bonnets en toiles). Le but : fournir gratuitement aux personnes en traitement de chimiothérapie des bonnets-turbans réalisés à partir de tissus de récupération. Ou comment allier mon envie d’aider avec mes convictions sur l’écologie. J’ai demandé à certaines de mes connaissances proches/amies si elles voulaient me rejoindre dans l’aventure. Et c’est avec quatre super nanas habitées par les mêmes valeurs, que nous avons lancé l’association en septembre 2020, prêtes à agir, telles les 5 doigts de la main, ou les 5 branches de l’étoile.

Chacune apporte un vrai plus, on se complète : couture, communication, démarches, gestion. L’association nous a permis, au passage, de mieux profiter les unes des autres, parce que dans le quotidien on n’a pas toujours le temps de prendre des nouvelles ou de se voir. Grâce à l’association, on n’a jamais été aussi proches, et pourtant l’une d’entre nous vit à Bordeaux et l’autre à Lavaur dans le Tarn. Donc une belle aventure sur le plan humain également. Sans compter toutes les rencontres qu’on a pu faire jusqu’à présent et les personnes qui nous soutiennent !

On espère apporter une toute petite pierre à l’édifice dans cette cause qui nous tient à cœur. L’une des bonnes étoiles a vu son père emporté par un cancer l’an dernier. Moi-même j’ai vécu l’annonce soudaine du cancer de mon mari ces derniers mois. Un coup du sort on ne peut plus à propos, mais qui finit par étonner de moins en moins malheureusement. Nous sommes toutes et tous concernés par ce mal potentiel qu’il faut combattre ensemble.

L’association a noué des partenariats avec la Clinique d’Occitanie à Muret et Beauté Santé du Cheveu, l’institut capillaire de l’Oncopole de Toulouse. Nous travaillons à nous faire connaître, car si nous sommes basées au Vernet, dans la campagne toulousaine, nous envoyons nos modèles partout en France. Et nous souhaiterions que toute personne qui aurait envie de nos bonnets gratuits puisse en profiter.

Nous vous invitons à nous suivre et à relayer autour de vous, afin que vos sœurs, mères, filles, tantes, cousines, voisines, collègues qui sont touchées puissent nous connaître et faire appel à nous si elles le souhaitent.

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Sandrine

Sandrine

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Sandrine

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RDV avec Sandrine (Paris). Après un cancer du sein et une récidive, elle n’a qu’un conseil à donner : Marchez, nagez, courez, pédalez, dansez, … Faites ce que vous aimez, mais surtout bougez !

Mon grand-père (le papa de ma maman) et ma maman ont tous les deux étés atteints d’un cancer du sein. Mon grand-père en 1982 et ma maman en 2005. Tous les deux ont été soignés. Depuis, ma sœur et moi sommes suivies de près.

Pourtant, c’est complètement par hasard, en touchant mon sein un soir du mois de juin 2017, que je sens une boule dure sous mon sein droit. Compte tenu de mes antécédents familiaux, les examens se sont vite enchainés. Ils ont rapidement révélé un cancer du sein triple négatif inflammatoire. La tumeur mesurait 5,5cm… J’ai débuté les traitements par seize séances de chimio, pour diminuer la grosseur de la tumeur, puis une ablation de mon sein droit et de la chaine ganglionnaire et enfin vingt-cinq séances de radiothérapie.

J’ai relativement bien vécu cette épreuve, dans le sens où j’ai eu la chance de subir très peu d’effets secondaires. Le plus difficile pour moi a été la perte puis la repousse des cheveux. Je tenais à les refaire pousser « comme avant ». Mais ça ne marche pas comme ça…

J’ai finalement accepté de garder une coupe courte quand en juillet 2020, soit trois ans après mon premier cancer, et alors que je venais tout juste de changer de poste dans mon entreprise, je sens une boule dans mon sein gauche.

Je suis rapidement prise en charge. L’analyse de l’ablation de mon deuxième sein révèlera une toute petite tumeur triple négative. Dans ce cas, la chimio n’est pas recommandée. C’était complètement inespéré mais je suis libérée !

Pourtant un mois après, quelque chose me brûle sous mon aisselle, à l’endroit même où mon chirurgien a enlevé les trois premiers ganglions (ganglion sentinelle) un mois auparavant. Les médecins sont unanimes : il ne peut s’agir que d’une complication (inflammation ou d’un œdème) post opératoire. Ils réalisent une biopsie qui révèle : une tumeur dans un ganglion !!!

Je suis à nouveau opérée en novembre 2020 : curage axillaire. Cette fois, c’est sûr, je dois repasser par la case chimio et radiothérapie.

Je suis actuellement en cours de chimiothérapie.
Je vie cette deuxième épreuve plus difficilement que la première fois. La fatigue, le moral, les globules blancs/rouges… c’est un peu la fête. Mais heureusement, le traitement ne me rend pas « malade ».

Par contre, je suis confiante. Je sais que mon corps est costaud et qu’il est capable de supporter les traitements. J’ai fait beaucoup de course à pied en compétition avant de tomber malade. J’ai l’esprit de compétition. Aujourd’hui je ne cours plus, car les traitements sollicitent le cœur et me fatiguent, mais je marche beaucoup et tous les jours. Le fait d’avoir été sportive dans le passé m’aide aujourd’hui à combattre la maladie et à contrer les effets secondaires. J’en ai la certitude.

Alors, si j’ai un conseil à donner, en plus de REGULIEREMENT palper vos seins pour bien les connaître, faites du sport ! Marchez, nagez, courez, pédalez, dansez, … Faites ce que vous aimez, mais surtout bougez !

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Catherine

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Catherine

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RDV avec Catherine (Charente Maritime). Amputée des 2 jambes et touchée par un cancer du sein, elle s’est lancée le défi fou de rallier La Rochelle à Royan avec son fauteuil roulant attachée à une trotinette.

Je suis une heureuse maman de deux grands enfants : Roxane qui a 32 ans, et Steven qui en a 27. Je suis mariée avec Pascal depuis 30 ans et nous avons reformulé nos vœux, en repassant devant le maire, en août dernier.  Mais mon histoire n’est pas que celle-ci. Je suis diabétique de naissance. J’ai eu ma première piqûre à l’âge de 3 ans.

À cause d’un diabète très mal équilibré, j’ai été amputée du gros orteil gauche en  septembre  2003. Puis en juin 2004, on a dû m amputer du tibia gauche. Mais pour moi, la vie ne s’arrêtait pas. Mais les soucis de santé non plus, car en septembre 2004, amputation du gros orteil droit, puis le tibia en mars 2005. J’ai trouvé la force de me relever grâce à mes enfants, mon mari, mon entourage.

J’ai repris le chemin de la natation en 2009 et mon mari est toujours resté à mes côtés. Il n’a jamais rien lâché, je lui en serais toujours reconnaissante. La vie a suivi son cours, puis en juillet dernier je passe une mammographie et une échographie du sein gauche. On découvre une petite tâche, donc biopsie le mardi. On se remarie le samedi avec l’attente du résultat, résultat qui tombe le mardi d’après : tumeur au sein gauche. Pour moi, le monde s’écroule.

Opération du sein gauche puis séances de rayons pendant six semaines. Après la découverte de ma tumeur, l’association ISCM (Institut du Sein de la Charente Maritime) me prend en charge, seulement 3 jours après le résultat. Les nuits sont courtes pendant la période des séances de rayons. Et puis j’ai une idée folle, encore une fois : parcourir la Charente Maritime (piste cyclable bien sûr) en trottinette et mon fauteuil roulant.

Un système d’attache existe. C’est la société Omni Community qui a fabriqué celui que j’ai utilisé, qui s’appelle le globe-trotteur.

Tous les fonds récoltés avant, pendant et après mon défi seront reversés à l’association Partage ta différence, qui me soutient à 100% et réalise des choses extraordinaires pour mon défi, à l’association ISCM et à la Ligue contre le cancer. 
Même avec un handicap, tout est possible !

https://www.facebook.com/partagetadifference/
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