Maëlle

Maëlle

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Maëlle

Date de publication du témoignage :

RDV avec Maelle (Saint-Cloud). Ayant accompagné sa maman malade, puis elle-même touchée par un cancer du sein, elle a fondé l’Institut Capeline, un écrin de douceur et de calme pour les personnes en traitement.​ 

Malgré une formation initiale de comptable, j’ai toujours été attirée par l’univers de la coiffure. Ma mère, coiffeuse, y a largement contribué. Il y a sept ans, cette dernière a eu un cancer du sein. Je l’ai accompagnée durant cette période et me suis rendue compte qu’une personne souffrant d’un cancer avait un réel besoin d’attention et d’aide, surtout lorsque l’alopécie (perte de cheveux), qui est l’un des effets le plus contraignant de la chimiothérapie, apparaissait. Je me suis alors renseignée afin de lui trouver les meilleures adresses, les meilleurs produits, les meilleurs prix, afin qu’elle puisse traverser ce moment difficile de sa vie et profiter de ce qui se faisait de meilleur à l’époque.

Je me suis rendue compte que les patients sont livrés à eux-mêmes une fois hors de l’hôpital. Ma mère m’expliquait qu’elle avait la sensation de devoir faire face « seule » au monde entier. Elle avait du mal à se rendre chez les professionnels qui proposaient des prothèses capillaires, car la plupart le faisaient soit dans des salons de coiffure classique, soit dans des pharmacies, ou alors dans des boutiques spécialisées assez exiguëes et impersonnelles, lui rappelant trop sa condition de « malade ». De plus, ma mère habitant à l’époque Levallois-Perret, j’ai constaté́ que toutes les boutiques spécialisées étaient situées à Paris intra-muros.

Il y a deux ans, c’est à moi-même que l’on diagnostiquait un cancer du sein. J’ai pu alors consolider les connaissances que j’avais acquises lors des soins de ma mère et j’ai pu constater que pas grand-chose n’avait évolué. Les boutiques spécialisées se trouvaient toutes à Paris intra-muros et aucune n’était à proximité de l’institut Curie de Saint-Cloud. C’est alors que me vint l’idée de proposer aux patientes souffrantes d’alopécie, due à leur chimiothérapie, une boutique spécialisée, un écrin de douceur et de calme où écoute et conseil seraient apportés, et qui serait située aux abords de l’Institut Curie de Saint Cloud, afin que l’accès y soit plus avantageux. Un institut qui ferait le lien entre l’hôpital et l’environnement extérieur, ce qui favoriserait une transition moins brutale pour les patients. Un lieu où les réponses à toutes leurs questions leur seraient apportées.

L’ambiance de cet institut serait chaleureuse et féerique. Il leur serait réservé́ pour une heure, rien que pour elle.
Chaque patient se sentirait alors comme privilégié.

https://institutcapeline.com
https://www.instagram.com/institut_capeline/?hl=en
https://www.facebook.com/institutcapeline/

Caroline

Caroline

Caroline

Date de publication du témoignage :

RDV avec Caroline (Nantes). Elle soutient son amie Julie dans son combat contre le cancer et a décidé de devenir socio-esthéticienne.

J’ai 34 ans, et trois filles. Le cancer, comme beaucoup, je l’ai autour de moi depuis plusieurs années. D’abord dans mon entourage familial proche, où le cancer est présent depuis plusieurs années, puis dans mon activité d’auxiliaire de vie, où j’ai eu plusieurs patient(e)s atteint(e)s de cette pathologie. J’ai beaucoup appris sur la maladie elle-même et sur moi.

Puis ensuite ma meilleure amie. On s’est connues quand elle était déjà malade. Nous sommes très proches, c’est même « la famille » pour moi. J’ai pu assister à plusieurs étapes, difficultés, je l’ai accompagnée en chimio, rendez-vous médicaux, etc…

Bref, de ce combat qui est le sien, est née une envie commune d’aider les femmes atteintes de cancer.

Julie avait déjà cette idée. Mon rêve à moi était de devenir esthéticienne depuis que j’ai 13 ans, mais j’avais un besoin profond d’aller plus loin.

Et c’est en en parlant avec Julie qu’elle m’a dit : « Mais deviens socio-esthéticienne !».

De là tout est parti !

2019 je change de voie. Je retourne à l’école à 33 ans pour passer mon CAP Esthétique, avec option soin du corps. J’ai été diplômée, mais pour diverses raisons, je n’ai pu enchaîner sur la formation de socio comme je l’aurai souhaité.

J’ai donc créé mon entreprise d’esthéticienne à domicile sur Nantes et son agglomération avec une ligne de conduite «cosmétiques bio écolo zéro déchet et locaux »

Dans un avenir proche, je vais passer mon diplôme de socio esthéticienne pour avoir cette corde en plus à mon arc. Ca me tient terriblement à cœur.

Mon souhait est d’intervenir auprès des femmes et hommes atteints d’un cancer.

Leur créer une bulle de détente.

Avec Julie, on a plusieurs idées : un lieu où plusieurs intervenants pourraient prodiguer divers « soins de conforts », astuces, etc… Je resterai esthéticienne également à côté, car j’aime profondément mon métier.

L’idée est d’allier les deux, de continuer de me former régulièrement à des techniques diverses de bien être comme le yoga du visage qui m’attire particulièrement et qui peut être une approche pour les personnes malades.

La socio esthétique prend de l’ampleur. On reconnaît désormais son utilité, c’est un vrai métier, un vrai diplôme reconnu par l’état, qui est indispensable et devrait faire partie du parcours de soin, avec une prise en charge. Mais on n’en est encore pas là…

« Soin de confort », ça n’est à mon sens pas le terme exact car ça n’est pas du confort. C’est un soin à part entière, pour garder une estime de soi, ce qui est capital, mais également palier aux effets secondaires des traitements. Dans les structures où interviennent les socio-esthéticiennes, c’est un véritable travail d’équipe où chacun est à sa place.

Aujourd’hui, je suis en capacité d’adapter mes soins à mon amie, mais uniquement à elle. J’en parle beaucoup avec mes proches et mes clientes aussi. Les gens s’y intéressent, et encore récemment, une cliente étant dans le milieu médical et très axée oncologie me disait : « Caroline, allez-y on manque de socio ! »

Je pense me former à la Fac de Pharmacie de Nantes, là où une de mes professeurs d’esthétique s’est formée. C’est un diplôme universitaire qui est proposé, l’équipe enseignante est super et ça me permettra de pouvoir continuer mon activité en parallèle.

Pour le moment Julie doit se consacrer à sa santé. Moi, de mon côté, j’y pense et quoi qu’il arrive je le ferai pour elle !

https://www.instagram.com/caro_ma_bulle_coloree/?hl=en

Sabine

Sabine

Sabine

Date de publication du témoignage :

RDV avec Sabine (Heimersdorf – Alsace). Suite au décès de son mari d’un cancer de l’œsophage, elle a écrit un livre pour partager son histoire.

Mon mari a contracté un adénocarcinome de l’œsophage en 2011.
Malgré la terreur que nous inspirait son cancer, nous avons décidé, d’un commun accord, de ne pas nous laisser abattre et de tout mettre en œuvre pour sortir vainqueurs de ce combat. Après deux récidives, et non sans avoir résisté vaillamment aux effets dévastateurs causés, non seulement par la maladie, mais également par les nombreux traitements, mon mari est décédé en 2016, au bout de six années, alors que son oncologue avait prédit qu’il ne tiendrait pas plus de deux ans.

Nous n’étions pas satisfaits de sa prise en charge et il m’avait demandé de témoigner en écrivant un livre pour dénoncer certaines dérives. J’avais commencé à remplir quelques pages, mais les différents coups de théâtre, qui ont jalonné son parcours, ont requis toute mon énergie.
Trois années m’ont été nécessaires pour exaucer son vœu, témoigner du vécu du malade, mettre en garde les patients par rapport à certaines lacunes de notre système de santé, insister sur le droit aux traitements et surtout délivrer ce message : ne jamais abandonner…
Mais ce livre dévoile également à quel point notre manière de vivre, le stress, certaines blessures profondes peuvent intervenir cruellement sur notre corps. C’est pourquoi je parle également de notre vie personnelle. De plus, les sentiments intenses que nous partagions nous ont permis de résister moralement à cette menace de mort qui planait au-dessus de lui.

Au moment où j’ai décidé de terminer mon manuscrit, j’ai également ouvert une page Facebook sur laquelle je publiais des textes en rapport avec notre parcours contre le cancer et sur mes émotions face à ce terrible tsunami qui avait bouleversé nos vies.

Ecrire m’a permis, dans un premier temps, de poser des mots sur la douleur, de me servir de mes sentiments afin qu’ils deviennent ma force, mais aussi d’échanger avec des malades et des proches, ayant vécu le même type de parcours. Ils m’ont soutenue dans mon projet et je les ai écoutés, moi aussi.

Nous avons partagé nos expériences, je suis restée à leur écoute pour tenter, si besoin, de les réconforter et les conseiller dans la mesure de mes moyens. Je n’aurais jamais pensé que ce projet soit aussi enrichissant et que je fasse de si belles rencontres. Et je peux déclarer que j’apprécie, aujourd’hui, mêmesi mon mari me manque toujours, d’être en vie et que j’ai gagné en assurance et optimisme. Une belle aventure que je compte bien prolonger…

Je souhaitais également remercier mes éditeurs de cœur, sans lesquels mon projet n’aurait pas abouti. Merci également à CMyNewMe de m’avoir permis de témoigner.

https://www.facebook.com/60sabineschilling

Extraits disponibles sur http://ma-derniere-rivale-le-cancer.fr/

Sylvie

Sylvie

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Sylvie

Date de publication du témoignage :

RDV avec Sylvie (Limoges). Elle a créé une association et un lieu de partage et d’écoute, pour gérer la période compliquée de l’après-cancer.

En 2016, j’ai été traitée pour un lymphome : dix séances de chimiothérapie, sur six mois. Une épreuve physiquement et moralement mais la chance d’être en rémission dès la fin du traitement. C’est étrange de s’entendre parler de chance, alors qu’on a approché la mort, et que dans mon cas, je dois apprendre à vivre avec des effets secondaires permanents et ne peux reprendre mon travail.

Infirmière libérale avant d’être malade, j’ai accompagné de nombreuses personnes touchées par le cancer. Leur courage et la dignité dont elles faisaient preuve dans cette situation à l’issue incertaine m’impressionnaient et je me suis souvent demandé : comment réagiras-tu si un jour tu es dans la même situation ?

Dans mon cas, je n’ai jamais pensé que j’allais mourir pendant le traitement. C’est après que les angoisses sont apparues. En fait, le cancer surgit dans une vie comme un ouragan. Pendant de longs mois, toute l’énergie du malade et de son entourage est mobilisée pour se battre contre la maladie, supporter les traitements, la souffrance et composer avec les difficultés du quotidien.
Puis vient, de plus en plus souvent, l’annonce de la rémission, l’arrêt des traitements, l’espacement progressif du suivi médical mais aussi l’apparition d’émotions contradictoires : le soulagement et l’espoir cohabitent avec l’épuisement et le sentiment de se sentir soudain seul, inquiet pour l’avenir et désemparé.

C’est à cette étape de mon parcours que mes différentes expériences de malade, soignante et cadre de santé se sont rencontrées. Encouragée par quelques amis bienveillants, j’ai élaboré un projet qui proposait de prendre en considération les spécificités de l’après-cancer et d’aider les personnes à retrouver l’énergie et la confiance nécessaires pour se reconstruire et, à nouveau, sourire à la vie.

L’association Phoenix Attitude est née en janvier 2018 pour porter ce projet. Soutenue par l’ARS Nouvelle Aquitaine, nous avons ouvert le 3 décembre 2018, à Limoges, un centre d’accueil pour accompagner la reconstruction après un cancer.
Ce lieu est destiné aux personnes en rémission, à leurs proches et aux aidants.

L’association leur propose un accompagnement centré sur la récupération physique, la détente, le bien-être et la réflexion autour des projets personnel et/ou professionnel.
Dans un espace symboliquement appelé « Le Nouveau Souffle », les bénéficiaires trouvent un salon de rencontre et de partage et participent à des ateliers individuels et collectifs animés par des professionnels qualifiés :
– La gymnastique, la marche pour reprendre une activité physique régulière,
– La détente/respiration, la réflexologie, le yoga pour relaxer son corps et apaiser son esprit,
– Les soins du corps pour retrouver des sensations agréables et une bonne image de soi,
– La cuisine santé pour adopter une alimentation équilibrée,
– Le groupe de parole pour mettre en mots, partager ses ressentis,
– Le coaching pour accompagner le retour au travail, faire de nouveaux projets.

La première année a été encourageante et malgré la situation sanitaire actuelle, le développement de l’association se poursuit en 2020. Nous envisageons de développer les activités existantes et d’initier de nouveaux projets parmi lesquels :
– un film documentaire réalisé par nos bénéficiaires. Ils témoigneront des difficultés vécues à la fin des traitements et de l’énergie que demande la reconstruction. Ce documentaire participera à l’information sur une période de transition, mal connue et sous-estimée. Il sera également le témoin des capacités et compétences que l’on peut développer malgré les épreuves,
– la mise en place de séjours d’une semaine en Limousin, à destination de personnes venant de toute la France, pour initier leur reconstruction après un cancer.

Une belle dynamique est en marche. La bonne humeur règne au quotidien dans nos locaux et pour moi, la joie de participer à cette belle aventure.

https://phoenix-attitude.fr/
https://www.facebook.com/Association-Phoenix-Attitude-1198368146972766
phoenixattitude@orange.fr

Valérie

Valérie

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Valérie

Date de publication du témoignage :

RDV avec Valérie (Braine L’Alleud – Belgique). Jeune infirmière, elle a été touchée par un mélanome. Elle accompagne aujourd’hui les patients dans leurs parcours de soins.
09 février 2011 : 18h, mon téléphone sonne. C’est le chirurgien qui m’a opérée cinq jours avant, pour m’enlever une simple « boule » dans le dos.
– « Bonsoir Madame, les résultats de la biopsie ne sont pas bons. Vous avez un mélanome métastasé de stade 4 ! »
– « Pardon ? »
– « Vous avez un cancer ! Vous avez rendez-vous demain avec un oncologue. »
J’ai alors 26 ans et ma vie vient de prendre un tournant. Je suis infirmière et pourtant aujourd’hui, je passe de l’autre côté de la barrière.

Pendant plusieurs années, je suis différents traitements certains lourds, d’autres moins. Et même si les médecins ne sont pas forcément optimistes, je n’ai qu’un objectif : vivre, fonder une famille et être heureuse !

Vivre cette épreuve du cancer a profondément changé quelque chose en moi. J’ai traversé des tempêtes émotionnelles que j’ai dû apprendre à gérer. J’ai découvert que pour aller bien, je devais m’écouter dans ma globalité. Je ne suis pas seulement une machine en panne qu’un mécanicien doit réparer. Apprivoiser mes émotions et me libérer de certains blocages ou certaines croyances m’ont aidée à maintenir le cap et à accueillir plus sereinement les traitements et leurs effets secondaires.

A la fin de mes traitements, j’ai ressenti le besoin de construire autre chose. Etant infirmière, j’ai toujours été passionnée par la vie et la relation d’aide. Accompagner les patients qui sont touchés par le cancer m’est apparu comme une évidence. Je me suis donc formée à différentes techniques de coaching et de soins énergétiques.

Aujourd’hui, j’aide les patients à apprivoiser leurs émotions et à accueillir la maladie ainsi que les traitements plus sereinement. Je les invite à se reconnecter et à nourrir cette partie d’eux-mêmes qui n’est pas malade afin qu’ils puissent reprendre le pouvoir sur leur corps et être acteur de leur santé.
Plusieurs études montrent qu’un patient plus calme et moins anxieux supportera plus facilement les traitements et les effets secondaires.
C’est dans cette idée que je mets au service des patients mes expériences, tant personnelles que professionnelles. Je leur propose des accompagnements individualisés et adaptés à leurs besoins. Par le Reiki, la méditation et d’autres soins énergétiques je leur offre une bouffée d’air frais dans un quotidien trop rythmé par le monde médical.
Le cancer impacte toutes les sphères de la vie et se sentir compris est important. J’ouvre également aux patients un moment pour eux, un moment où ils peuvent déposer les difficultés qu’ils vivent sans aucun tabou.

Mon cancer a allumé une petite étincelle au fond de moi, celle du feu qui m’anime aujourd’hui. Il m’a invitée à me reconnecter à mes aspirations profondes. J’aimerais pouvoir permettre à chaque patient de vivre sereinement cette expérience et qui sait, peut-être aussi les aider à la transformer en tremplin vers une meilleure version d’eux-mêmes.

Prenez soin de vous.

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