Sandra

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Sandra

Date de publication du témoignage :

RDV avec Sandra (Bordeaux). A 24 ans, le cancer a été pour elle une véritable sonnette d’alarme. Elle a revu ses priorités et partage son expérience sur Instagram.

Tout a commencé un soir d’été, sous la douche, lorsque je sens une grosseur envahissant mon sein gauche, apparue littéralement du jour au lendemain. Alors fraîchement arrivée dans ma nouvelle ville, et très prise par mon activité professionnelle, je n’ai pas considéré cet appel de mon corps. Pour réaliser ce qu’il se passait, il a fallu que mon conjoint me pousse à consulter mon médecin traitant, et que la radiologue chez qui j’avais pris rendez-vous pour une échographie me prescrive des examens complémentaires.

C’est ainsi qu’une mammographie, une biopsie et une IRM plus tard, le diagnostic tombe : c’est un cancer du sein HER2 positif. On m’annonce mon protocole : cinq mois de chimiothérapie intensive, puis une chirurgie, et enfin de la radiothérapie et une thérapie ciblée.

À ce moment précis, à 24 ans, j’ai tout pris de plein fouet. La maladie nous oblige à prendre du recul et à faire le point.
Ayant vécu plusieurs expériences traumatisantes par le passé, qui ont bafoué ma confiance en moi, j’ai pris conscience des limites que je m’imposais, toute seule. J’ai aussi compris que je faisais passer les désirs et envies des autres avant les miens, que je ne m’écoutais plus, que je ne m’estimais pas. J’ai réalisé, finalement, que j’étais en souffrance. Je pense que ce cancer a été la sonnette d’alarme de mon corps et de mon for intérieur, me forçant à rectifier le tir.

C’est alors à nu, sans cheveux, sans poils, sans aucun artifice, que j’ai enfin appris à me connaître. A me regarder, à m’apprécier, à écouter mon corps. A me reconnecter aux choses simples de la vie, à mes proches et à mes passions : la musique et la lecture.
Mon parcours de soin n’est pas encore terminé, il me reste encore beaucoup à apprendre. Mais ma vision de moi-même et de l’avenir sont complètement bouleversés depuis l’annonce. J’aspire à avoir une relation plus douce avec moi-même, dans la bienveillance et le respect.

Au cours de ma deuxième séance de chimiothérapie, j’ai ressenti un fort besoin d’échanger avec d’autres frères et sœurs de combat et j’ai alors ouvert un compte Instagram. J’ai été absolument touchée par le lien invisible qui nous unit tous.tes, et par la bienveillance et le soutien que j’ai reçus. J’en fais désormais un moteur et j’aimerais, à mon tour, pouvoir apporter mon aide auprès de nouveaux.elles personnes diagnostiqué.e.s, quel que soit leur cancer et quel que soit leur âge. A travers mes posts et de futures vidéos, j’ai pour ambition de les soutenir, partager mon expérience ainsi que mes « trucs et astuces » contre les effets secondaires des traitements.

Enfin, j’aimerais utiliser ce compte comme outil de prévention et de sensibilisation et dès que j’aurai récupéré physiquement, adhérer à des associations de lutte contre le cancer afin d’inciter le plus grand nombre à se faire dépister et à écouter son corps, mais surtout, véhiculer un message rempli d’espoir. Vous n’êtes pas seule.s. Il n’y a aucune fatalité. On peut trouver de la lumière même dans les pires moments !

https://www.instagram.com/rose.resiliente/

Julien

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Julien

Date de publication du témoignage :

RDV avec Julien (Montpellier). Atteint de cancers, et bipolaire, il ne baisse jamais les bras et a créé le hashtag #malgretoutjesouris.

J’ai 37 ans et je suis atteint d’un syndrome bipolaire, d’un cancer des poumons et d’un cancer lymphatique.

Je choisis de m’ouvrir à vous non pas pour vous exposer avec des termes alambiqués, incompréhensibles à moins d’avoir étudié la médecine avec option « latin renforcé », mais plus pour vous expliquer ma philosophie de vie et mon approche au quotidien des maladies.

Tout commence en milieu d’année 2017, lorsque j’ai été diagnostiqué bipolaire de type 2 à tendance hypomaniaque, ce qui se traduit pour vulgariser, par des crises où tout s’accélère, les idées, pensées, mouvements, parole, accompagnés d’insomnie. Ma plus grosse crise a duré sept jours sans dormir, et à nécessité une hospitalisation en milieu psychiatrique.

Fin 2019, vient s’ajouter à cela le diagnostic d’un cancer des poumons. Ironie du sort : pathologie totalement compatible avec la pandémie du Covid-19 qui fait son apparition dans le monde.

J’entre dès lors dans des protocoles mis en place, et ajustés de temps à autre, me permettant de connaître les effets associés à la chimiothérapie et radiothérapie : nausées, vomissements, douleurs articulaires et musculaires, fatigue, perte de poids, modification du goût et odorat, changement physique… et j’en passe.

L’expression « jamais deux sans trois » se confirme pour moi durant l’été 2020, lorsqu’il m’est diagnostiqué un cancer lymphatique, venant compléter mon CV médical.

Plus nous avançons dans les traitements, plus les interlocuteurs se multiplient pour tenter de limiter, et même de prévoir dans un futur plus ou moins proche, les réparations des dégâts causés par les solutions curatives.

A 37 ans, je pourrais m’accabler, pleurer, juger injuste la vie de me confronter à une estimation des médecins sur une durée de vie restante. Crier ma colère, m’isoler et perdre tout espoir de contrer les meilleurs pronostics concernant le fait de « tirer ma révérence » d’ici à la fin de l’année 2021.

Mais c’est mal me connaitre. Je ne laisserai pas, autant que possible, la maladie prendre le contrôle des émotions des personnes qui m’entourent depuis tout ce temps. J’ai donc choisi de le vivre en souriant et rire, continuer à faire ce que j’ai toujours aimé, amuser et faire rire ma famille, mes proches, mon entourage.

La dérision, l’humour, l’amusement que je m’efforce de mettre en œuvre apportent sourire et rire à mes accompagnants, me donnent force et courage pour continuer cette bataille.

C’est pour cela que j’ai créé depuis peu, ma page Instagram et l’utilisation d’un « # » résumant ma philosophie de vie au quotidien #malgretoutjesouris afin de montrer à tous ceux qui le souhaitent mon approche personnelle.

Partager par le biais de publications humoristiques pour désacraliser la maladie qu’est le cancer, et voir en retour les rires et sourires des personnes me permettent d’alimenter mes batteries pour faire face aux obstacles, effets indésirables et douleurs sans rien lâcher et éloigner le plus possible cette révérence à la vie que je ne veux en aucun cas faire.

Voici ma doctrine et mon choix de vivre pour faire face aux évènements néanmoins difficiles qu’apporte quotidiennement le cancer.

https://www.instagram.com/mescancers_mabipolarite_mavie/

 

 

 

Guillaume

Guillaume

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Guillaume

Date de publication du témoignage :

RDV avec Guillaume (Le Havre). Tout juste papa, il a été touché par deux cancers. Actuellement en rémission, il a changé sa façon de vivre et de travailler.

Avant le diagnostic, j’étais un homme de 35 ans tout juste papa, avec une vie tout ce qu’il y a de plus classique. J’étais déjà entrepreneur et très impatient de découvrir la paternité.

En janvier 2018, lorsque j’ai été diagnostiqué d’un cancer des testicules d’abord et d’un lymphome ensuite, mon fils n’avait qu’un mois et mon père souffrait d’une maladie incurable.

J’ai pris la décision de consulter mon médecin généraliste à la suite d’une scène banale de la vie quotidienne.

Je suis rapidement entré dans le vif du sujet, enchaînant examens, opérations, chimiothérapies. À partir du moment où j’ai su contre qui je me battais, je me suis mis en mode guerrier, prenant les choses les unes après les autres, mobilisant toutes mes ressources et découvrant de moi un homme fort, résilient, doué d’une rage de vivre, portant son combat, sa famille et ses amis. Je me pensais petit, sans valeur et je découvre que je suis un géant, inarrêtable.

Mon état d’esprit change, je prends conscience que la vie peut basculer à tout moment et que chaque minute qui passe ne revient pas. Je réalise un parcours sans faute, malgré la difficulté du quotidien, avec une rémission complète au bout d’un an.

Les jours qui ont suivi l’annonce de la rémission ont été un peu durs. Une sensation de néant s’installe, je me sens vide. Je tombe, je tourne en rond. Je me demande comment j’ai pu tenir ? Qui suis- je ? Comment faire de cette expérience un nouveau départ ?

Je réalise ce que je viens d’accomplir. Je viens de combattre deux cancers, pendant la première année de vie de mon fils.

Aujourd’hui, je suis en rémission depuis deux ans. En mars 2020, pendant le confinement, j’ai choisi d’écrire mon livre “Adieu Cancers”.

Beaucoup de choses ont évolué dans ma vie. J’ai répondu à mes questions, fait un travail sur moi et l’idée d’écrire ce livre m’est venue comme ça. Je me suis dit : j’ai des choses à partager, je peux écrire un livre.

Au-delà d’être un témoignage de mon combat contre le cancer, ce livre est un récit d’espoir et de courage, que je souhaite livrer à tout le monde. Le cancer m’a permis de comprendre que chacun a un trésor unique et extraordinaire en lui, et trop souvent nous ne l’exploitons pas, nous gâchons notre temps.

Je tenais à faire de cette expérience, une opportunité de changer la vision de la maladie. J’ai souhaité présenter, par le prisme de mes émotions, ce qu’un malade peut ressentir et ce qu’il peut faire pour être acteur de sa guérison.

Grâce au cancer, je me suis dévoilé, j’ai pris conscience que j’avais tout en moi, que j’étais déjà complet.

Aujourd’hui je sais m’écouter, prendre mes décisions, gérer mes émotions. Je vois la vie différemment, je sais qu’elle peut basculer d’un moment à l’autre. Je ne veux plus rien regretter, je fais les choses quand j’ai envie de les faire, je suis revenu à l’essentiel. J’écoute ce qui m’anime au plus profond de moi, aider et servir les gens à devenir meilleur en exploitant tout leur potentiel, et cela, dans tous les domaines de leur vie. J’ai modifié mon activité, je me suis formé, j’ai investi en moi et aujourd’hui je suis coach en dévoilement de soi.

Je mets tout mon vécu et mon expérience pour guider mes clients dans leur dévoilement, première étape indispensable et fondation de la création d’une vie qui leur ressemble.

Je suis là pour les aider à ne plus jamais avoir de regret dans leur vie, faire sauter les barrières, mais également clarifier, valoriser leurs talents et les reconnecter à eux.

www.adieucancers.fr

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Frédérik

Frédérik

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Frédérik

Date de publication du témoignage :

RDV avec Frédérik (Mazinghem- 62). Atteint d’un cancer de la vessie, il a fondé l’association Cancer Vessie France les Zuros.
En 2016, j’ai uriné du sang et ma vie a changé. Quelques semaines plus tard, on m’a diagnostiqué un polype vésical. A la différence du polype de colon, celui de vessie est toujours un cancer, mais en nuances de gris. Tout dépend de son infiltration et de son agressivité.

J’avais 41 ans, le sol s’est dérobé sous mes pieds et je suis tombé en dépression. Trois enfants, je venais de perdre ma mère d’un cancer un mois avant, j’étais anéanti. Après une période à voir un psychologue, à prendre un traitement, j’ai peu à peu remonté la pente. Puis, tout en étant suivi pour ma maladie (un cancer parmi d’autres), j’ai été à l’origine de la fondation de l’association Cancer Vessie France les Zuros.

Pourquoi avoir créé cette association ?
Parce que la famille ne peut pas éponger tout ce que l’on vit, parce que les collègues n’aiment pas quand on parle de maladie, parce qu’un forum anglais Fight Bladder Cancer m’apportait beaucoup et que je voulais que d’autres personnes dans ma situation puissent mettre des mots sur leurs maux.
Parce que notre maladie possède des traitements mais qu’ils sont régulièrement en pénurie depuis… 2012 ! (je parle du bcg intravésical)
Parce que l’idée était d’éviter à d’autres de connaître ce cancer en agissant sur la prévention.

En un peu plus de trois ans, l’association est devenue membre de la coalition mondiale des associations de patients atteints de cancer de la vessie. Nous avons obtenu le remboursement d’une immunothérapie keytruda pour les patients atteints de cancer avec métastases. Cette année, nous œuvrons à mieux faire connaître la pathologie, à agir sur le parcours des patients.
L’association est chronophage, mais elle en vaut la peine. On se sent plus forts ensembles. Et chaque réussite nous motive. Nous possédons un groupe privé où nous échangeons entre patients, on se soutient, on se donne des tuyaux.
Je vais conclure en disant que je suis en rémission depuis cinq ans. Que certains membres le soient depuis treize ! Alors battons-nous !

http://leszuros.fr/
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Marjorie

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Marjorie

Date de publication du témoignage :

RDV avec Marjorie (Pereybère – Ile Maurice). Touchée par un « petit cancer » comme elle le dit, elle souffre d’un sentiment d’illégitimité à gérer la période complexe de l’après traitements.

Le 21 décembre 2018, mon téléphone sonne. Ma gynécologue m’apprend que la biopsie faite la semaine précédente a révélé des cellules cancéreuses. Alors, rien de bien dangereux selon ses dires : une simple opération suffira à résoudre le problème.

Deux jours après, j’enchaine les examens : mammographie, IRM et rendez-vous chez un spécialiste du cancer du sein. Le couperet tombe : ma vie n’est pas en danger, on va « juste » devoir m’enlever un sein. Tout s’enchaine : rendez-vous avec le chirurgien esthétique, avec le gynéco, avec l’anesthésiste et trois semaines après, je passe sur le billard.

Je remercie tous les jours de ne pas avoir eu un cancer plus grave qui aurait nécessité des traitements lourds. Mais voilà, justement, je vis une chose terrible à mon niveau et je me sens illégitime dans ma souffrance. Comment se plaindre de ce que je vis, alors que d’autres patients enchainent les séances de chimiothérapie sans savoir si les traitements vont marcher ou pas ?

À 35 ans, apprendre que l’on va perdre une part de sa féminité est d’une violence sans nom. Mais voilà, il faut avancer, ne pas sombrer. Pour m’aider dans ce cheminement, j’ai décidé d’écrire un blog. Je l’ai écrit pour moi, mais aussi pour mes amis et ma famille, pour qu’ils comprennent ce que je traverse.
Cette épreuve aura remis énormément de choses en question dans ma vie. Six mois après mon opération, j’ai décidé de quitter mon emploi et de partir voyager. C’est un projet que j’avais depuis longtemps, mais je n’avais jamais eu le courage de franchir le pas.

Cette épreuve m’aura permis de me rendre compte à quel point la vie est précieuse et qu’elle peut basculer en un instant.

https://joyeuxcancer.home.blog/author/marjyy/