Sylvie

Date de publication du témoignage :

7 Mar. 2019

RDV avec Sylvie (Poitiers). En rémission depuis deux ans, elle positive et s’est lancée dans la création de bijoux.

Fin octobre 2016, lorsque j’enlevais mon soutien-gorge, je sentais comme un coup d’aiguille dans mon sein droit. J’ai pensé que c’était peut-être la couture. Le lendemain, idem. Là, j’ai pensé « bah voilà ma cocotte, tu vas avoir 50 ans, ça commence à te travailler ». Mais les jours qui ont suivi c’était pareil… J’ai ensuite appris que mon frère avait un cancer colorectal, et je me suis dit : « Mon frère à un cancer, il faut que je palpe mon sein c’est peut-être une grosseur ». Bingo !
Le médecin m’a dit qu’il sentait bien aussi quelque chose, qu’il ne fallait pas s’inquiéter mais qu’une mammo était nécessaire. La radiologue m’a fait passer mammo puis écho et a confirmé qu’elle voyait 2 tumeurs et qu’il fallait faire des biopsies. On me découvre alors des calcifications.
Résultat 3 semaines plus tard, accompagnée de mon mari : « Nous vous confirmons que vous avez un cancer HER2+ et il faudra peut-être faire une mastectomie. Il faut aussi que vous reveniez faire des biopsies des calcifications ».
Résultats 3 semaines plus tard chez le chirurgien. : je dois passer un TEPSCAN pour vérifier si je n’ai pas de tumeurs ailleurs car mon cancer est invasif, et les calcifications sont cancéreuses. Il va m’opérer mais fera son possible pour sauver mon sein. Il m’annonce de la chimio. Un petit cri m’échappe lorsque j’enlève mon soutien-gorge pour l’auscultation : il presse alors mon mamelon et du liquide sort. Il pense que c’est la maladie de Pagette donc biopsie. Les larmes coulent sur ma joue…
Résultat 3 semaines plus tard : Maladie de Pagette. Je passe mon TEPSCAN et vu les semaines qui se sont écoulées, avec cette descente aux enfers, je suis pétrifiée. Il faut encore attendre une semaine pour les résultats… Ouf il n’y a rien ailleurs.
Au cours de mon opération, le chirurgien analyse la glande sentinelle : elle est métastasée. Il m’annonce donc de la radiothérapie en plus de la chimio.
Il y a des gens qui disent avoir vécu l’annonce du cancer comme un tsunami. Moi non. Je dirai plutôt que je me sentais spectatrice de ce qui m’arrivait. Je me voyais descendre aux enfers étage après étage, sans savoir où ça allait s’arrêter, jusqu’à me demander si on ne me conduisait pas à la mort, en me faisant cuire à feu doux. Je me consumais.
Deux ans plus tard, je suis une Amazone, fatiguée, avec un bras droit qui n’est pas au top. J’ai perdu mon frère. Je suis une Amazone heureuse d’avoir un mari hors du commun, des enfants merveilleux. Je suis une Amazone plus forte que jamais, qui maintenant pense à elle avant de penser aux autres.
Ce cancer m’a ouvert les yeux sur la beauté de la vie. Je tourne le négatif en positif. Je suis chez moi, tranquille, au calme, sans stress. Mon mari m’a fait un atelier où je réalise ma passion : la création de bijoux. Je ne peux en faire qu’une heure par jour mais c’est mieux que rien. Alors là aussi je positive : ça me laisse du temps pour me promener, pour me reposer. De toute façon, je ne pourrai plus reprendre le travail, là aussi il faut que je fasse mon deuil…
Je ne suis pas guérie et je ne le serai jamais. En rémission à vie. Il ne tient qu’à moi d’être heureuse. J’aime la vie. Le positif attire positif, alors je m’y attelle. Et lorsque j’ai des coups de mou, je me booste !

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