Miss Bullette

Date de publication du témoignage :

14 Oct. 2021

RDV avec Miss Bullette (Carqueiranne). Avec humour, elle raconte ses « bulles, son parcours de soin et ses « péripéties » sur les réseaux.

Moi, c’est « Miss Bullette », 38 ans, maman de deux magnifiques garçons.

J’ai appris l’annonce de mes « Bulles » (un surnom bien plus joli à entendre pour mes enfants, et les bulles, c’est éphémère et c’est surtout ce que l’on boit quand tout est fini) le 18 juin 2020, pour mon dixième anniversaire de mariage.

Tout a commencé après avoir fait une auto palpation, j’ai senti une grosseur dans mon sein droit. J’ai demandé une échographie de contrôle. J’explique au médecin que, selon la période du mois, cette grosseur grossit ou diminue. Le médecin me répond qu’un cancer ne fait pas l’effet yoyo, et que vu mon âge, cela doit être simplement un kyste. Après l’examen, il me prescrit une biopsie, car effectivement, les axes, ainsi que la grosseur, ne sont pas bonnes.

Biopsie faite, j’attends les résultats. L’annonce tombe et mon monde s’écroule : cancer hormono-dépendant stade 2. Ma première pensée : mais que vont devenir mes enfants ? Comment leur annoncer ? Je ne dois pas mourir.

À partir de ce moment-là, j’ai compris que j’allais monter sur le ring et qu’il était hors de question que je baisse les bras. Que la vie était bien trop belle pour passer à

côté. Que je serais avant tout Maman, Épouse et Femme. Que ma féminité et ma coquetterie seront toujours présentes malgré la maladie.

Je veux montrer à mes enfants que la vie nous réserve des obstacles, mais qu’il faut continuer à avancer, en gardant la tête haute.

Et voilà que tout s’enchaîne : chirurgien, biopsie, échographie, mammographie, oncologue.

Finalement, on me découvre une seconde « Bulles ».

La chimiothérapie n’était pas prévue, mais vue cette nouvelle annonce, je pars pour cinq mois de traitement, suivis de la chirurgie.

La chimiothérapie a bien fonctionné donc une tumorectomie suffira. C’était en février 2021. Tout s’est bien passé. Quinze jours après, rendez-vous post-opératoire pour vérifier les cicatrices, et là, on m’annonce que les résultats prélevés pendant l’opération ne sont pas bons. Je dois retourner au bloc pour une mastectomie totale.

La nouvelle est dure à avaler, moi qui venais simplement montrer mes cicatrices.

Je décide de ne pas faire de reconstruction immédiate, je ne veux pas de prothèse. Je ne suis pas pour un corps étranger, et ayant de la radiothérapie derrière, il est fortement conseillé d’attendre pour la reconstruction.

En mars 202, mastectomie totale. Retour à la maison et les ennuis commencent.

Drain positionnel, je ne peux donc pas bouger, alitée pendant une semaine. Mes infirmières se rendent vite compte qu’il y a un souci au vu de la couleur.

Prise de sang, prélèvements. Le verdict tombe : « staphylocoque doré ». Mon corps rejette l’infection et un écoulement se fait par ma mastectomie. Je suis passée très près de la septicémie, et mon instinct m’a sauvé la vie en ne voulant pas de reconstruction car la suite aurait été bien différente.

Je suis actuellement en traitement pour éradiquer ce mauvais colocataire, pour pouvoir ensuite passer à la radiothérapie, ainsi que de l’hormonothérapie sur 10 ans.

Je partage mon aventure sur les réseaux sous le ton de l’humour et du fun, car la vie est bien trop courte pour se la ternir.

N’oubliez pas la vie est belle donc smile et good vibes.

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