Magali

Date de publication du témoignage :

30 Sep. 2021

RDV avec Magali (Marseille). Depuis l’enfance, elle a souffert de plusieurs carcinomes. Elle apprend à vivre avec le cancer, les cancers, et garde une force inouïe, une foi en l’avenir et en ses projets à venir.

J’ai 11 ans, je suis en classe de 6eme, et le dermatologue qui me suit annuellement m’annonce qu’il va falloir me retirer un grain de beauté, un peu différent des centaines d’autres que je possède. Il a raison, ce sera un cancer, mon premier cancer, mon premier carcinome…
Mon quotidien, ma relation avec le soleil marseillais, va changer et ce durant toute l’année et toute ma vie !

Vingt ans après, à une trentaine d’années, mon deuxième carcinome est détecté, sur le visage cette fois, coin externe de l’œil, base du nez quasiment. Une chirurgie de curetage est pratiquée. Il m’en restera une jolie cicatrice, quasi invisible à ce jour.

A 43 ans, ce vilain crabe vient m’attaquer une nouvelle fois, et cette fois, il s’en prend à ce que l’on a de plus central et visible au niveau du visage : le nez.
Le coup est dur à encaisser, j’en ai marre, et j’ai très peur de ces mutilations à venir…

Cinq biopsies au total seront nécessaires pour quadriller la tumeur, et procéder à une exérèse complète. Neuf mois après, il y a donc de cela quelques mois seulement (décembre 2020), nouveau carcinome découvert par « mes soins » dans le prolongement de l’œil, du nez, au niveau du cou. Il me faudra cette fois deux exérèses pour en venir à bout !

Ma vie est donc jalonnée depuis très jeune par le cancer, ce vilain crabe qui a touché beaucoup de ma famille, dont ma grand-mère paternelle et mon papa au niveau du nez aussi…
On vit avec, avec l’appropriation d’un jargon médical, d’examens anxiogènes, de blocs opératoires, de cicatrices, et de cette épée de Damoclès qui plane perpétuellement au-dessus de notre tête !
On vit donc différemment, certainement plus intensément, plus vite, plus fort, pour être certain/certaine de ne passer à côté de rien…
J’ai toujours su que la santé était primordiale, indispensable, et que c’était la chose la plus précieuse à posséder, qu’elle ne s’achetait pas, qu’elle n’appartenait à personne en particulier, et que face à elle, il n’y avait ni raison, ni justice…

Très tôt, j’ai donc commencé à philosopher, à ma façon, comme je le ressentais, et en fonction de ce qu’il m’arrivait…
Ces cancers, m’ont laissé et me laisseront des traces.
Des traces physiques, psychiques, des peurs nouvelles à l’annonce de chacun d’entre eux, des cicatrices, des combats, mais ils m’auront permis d’acquérir une force intérieure inouïe. Sans être surhumaine ou totalement à l’abri de coup de blues, je pense que je suis une vraie résiliente !

Je sors actuellement d’un traitement de chimiothérapie locale, ciblée pour mon nez, et j’espère entendre en avril prochain, le terme : rémission, vous savez ce mot tant attendu, tant espéré et convoité, quand on se bat contre un ou des cancers…

Si rémission, il y a, alors je pourrais souffler à nouveau, sortir la tête de l’eau, reprendre ma respiration, me relever plus sûrement et sereinement, et avancer…
Avancer dans un ou des projets, dans lequel, lesquels, la résilience et l’être humain auront une préoccupation et une place centrale.

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