Laurence

Date de publication du témoignage :

23 Mar. 2021

RDV avec Laurence (Paris). Touchée par un cancer du sein, comme sa mère et sa grand-mère, elle est devenue tatoueuse mammaire.

76 – 56 – 46 : ce sont les âges auxquels ma grand-mère, ma mère et moi-même avons été touchées par le cancer du sein.

Pour ma part, l’après-cancer a été plus difficile que pendant les traitements : prise de conscience que cela aurait pu mal se terminer et remise en question totale de ma vie et de ce à quoi j’aspirais. A partir de là, j’ai tout quitté, changé de vie et désiré à tout prix me diriger vers un métier qui ait du sens.

C’est grâce à un article de presse que j’ai découvert le travail de Vinnie Myers, un tatoueur de Baltimore qui réalisait en trompe l’œil des aréoles mammaires sur des femmes ayant eu des mastectomies. La technique consiste à tatouer en jouant avec les bonnes associations de couleurs, mais aussi les ombres et les lumières afin de créer un volume visuel. Peignant depuis des années, cela m’est apparu comme une évidence, je devais me former au tatouage pour apprendre les bons gestes.
Après une longue formation en France au tatouage traditionnel, je suis partie aux Etats-Unis pour me spécialiser au tatouage des aréoles et apprendre à travailler sur des tissus cicatriciels. Le tatouage est la dernière étape de la reconstruction mammaire, acte essentiel pour aider les femmes à retrouver leur confiance et leur estime de soi et, enfin tourner la page !
Aujourd’hui je travaille dans mon cabinet parisien, un lieu que j’ai voulu chaleureux et confortable, propice aux discussions entre femmes qui partagent la même histoire.