Herveline

Date de publication du témoignage :

24 Sep. 2019

RDV avec Herveline (Région Lyonnaise). Comme une « création de la maladie », elle anime un podcast sur les thérapeutes et spécialistes du bien-être et du développement personnel.

Mon parcours a été à la fois très dur et très doux.
Très dur, parce que l’annonce est très violente (malgré toute la bienveillance de ma super médecin), parce que j’ai dû être opérée à deux reprises et que je garde un mauvais souvenir des salles de réveil, parce que j’ai eu très peur de la chimiothérapie (que j’ai finalement eu la chance de très bien supporter), et parce que j’ai trouvé très contraignantes les séances de radiothérapie.
Mais cela a aussi été très doux. D’abord parce que j’ai tout de suite été très entourée, de mes proches, famille et amis, mais aussi parce que j’ai consulté des thérapeutes en soins alternatifs (magnétiseuse, astrologue, naturopathe…) qui m’ont fait beaucoup de bien, auprès desquels j’ai donné du sens à la maladie. Cela a été doux aussi parce que je me suis autorisée à prendre beaucoup de temps pour moi.
Doux aussi parce que dès le départ, j’ai considéré que je n’avais pas à me battre contre ce cancer du sein. La maladie en elle-même est suffisamment violente, je ne voulais pas y ajouter un esprit guerrier…, ce qui ne m’empêchait pas de vouloir le raccompagner gentiment vers la sortie…
J’ai terminé les traitements en décembre 2018. J’ai eu besoin de tourner cette page symboliquement en envoyant à tous mes proches un « faire-part de renaissance ». Non seulement, je pouvais leur exprimer ma gratitude, mais cela était le signal que je passais à autre chose.
Cela ne signifie pas que je ne renie ce que j’ai vécu. Au contraire, cela fait partie de moi maintenant, c’est même devenu une force.
Rien n’a changé et tout a changé ! Je sais qu’il y a ce « fantasme » sur l’idée que l’on devient différent, que l’on est beaucoup plus apaisé et que l’on apprécie chaque instant de sa vie après un cancer. La réalité, dans mon cas en tout cas, c’est que je n’ai pas changé l’essentiel : j’ai gardé mon conjoint et mes enfants (!), ma famille, mes amis, mon métier aussi et, je l’espère, un peu d’humour.
Pour le reste, je pense que le changement se vit à l’intérieur. En fait de changement, je crois plutôt que l’on devient plus soi-même. J’ai appris à mieux me connaitre, j’ai pris le temps de m’écouter, de savoir ce dont j’avais vraiment envie, ce qui me faisait vraiment vibrer. Je ne souhaite à personne d’être malade, mais dans mon cas, cela m’a permis de prendre beaucoup de temps pour moi, sans culpabilité, et cela a été très salvateur. Les longues balades dans les vignes pendant lesquelles j’écoutais des podcasts, les séances quotidiennes de méditation, les lectures en paressant dans une chaise longue… autant de choses que j’aime faire, qui me ressourcent, mais que je ne prenais pas assez le temps de faire avant.
J’ai depuis repris mon travail de freelance dans la communication digitale que j’aime beaucoup… Et j’y ai ajouté mon podcast, « La petite voix », que j’adore animer. Je le considère comme une « création » de la maladie, si je peux m’exprimer ainsi.
C’est un podcast dans lequel je rencontre des professionnels du bien-être et du développement personnel, du psy au médium en passant par le coach, etc…. J’ai passé beaucoup de temps l’an dernier à leurs côtés, j’ai eu besoin d’être accompagnée pendant mes soins et j’ai trouvé beaucoup de sagesse, parfois de spiritualité auprès d’eux. Les échanges que j’avais avec eux m’ont énormément nourrie, et c’est ainsi qu’est née l’idée de les faire témoigner de leurs propres parcours. Je me suis rendue compte que bien souvent, ces belles personnes avaient vécu elles aussi des périodes difficiles, parfois la maladie, et qu’elles en étaient ressorties grandies, plus fortes et surtout plus confiantes en la vie. Ce sont ces messages lumineux et plein d’espoir que je partage dans « La petite voix ».
Préparer les épisodes, rencontrer les thérapeutes, réécouter les entretiens, les partager sur les réseaux sociaux, c’est beaucoup de travail mais cela me passionne vraiment. Et puis, il y a les retours de ceux qui écoutent, des retours qui parfois me touchent beaucoup : ceux qui passent des périodes difficiles et trouvent un peu d’espoir, ceux qui sont perdus dans leur projet de vie et y voient plus clair, ceux qui découvrent que la spiritualité peut aussi se vivre simplement…
C’est quand même formidable de pouvoir apporter cela, simplement en tendant son micro aux bonnes personnes !
Et cela, cet épanouissement que je trouve avec mon podcast, je sais que je le dois au cancer du sein. Jamais sinon je n’en aurais eu l’idée… et encore moins le courage de me lancer.

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