Aurélie

Date de publication du témoignage :

16 Avr. 2019

RDV avec Aurélie (La Réunion), qui est partie à l’autre bout du monde pour construire une nouvelle vie, mais y a découvert sa maladie.

J’ai 35 ans. L’année dernière avec mon mari, on a tout plaqué pour aller sur l’île de La Réunion, où nous avons repris une maison d’hôtes. Nous sommes arrivés au mois de Mai, la haute saison touristique qui commence donc beaucoup, beaucoup, de travail, 7j/7. Mais voilà, la vie ici est tellement plus zen. On avait tous les deux des boulots de cadres sur Paris, le changement se fait sentir (que du bonheur !).
Juste avant de commencer, je fais ma première rencontre avec la gyneco pour un frottis de contrôle. Ça, c’était fin avril. Et là…, les ennuis se sont enchaînés.
J’ai profité quinze jours de ma nouvelle vie, puis tout est parti en sucette.
En juin, j’apprends qu’il faut que je fasse une conisation, car il y a des cellules « pas superbes » sur le col. Bon ok, c’est embêtant, ça prend du temps, mais une conisation, c’est rien du tout. On enlève un petit bout de col, et après je suis tranquille.
Mais en fait non… Le cancer était bien caché, tout en dessous. Hystérectomie obligatoire le 12 septembre (jour de mes 35 ans). On me laisse mes ovaires car je suis jeune quand même, et le cancer a l’air très localisé.
Sauf que résultat de l’opération n’est pas bon du tout : très, très méchant cancer (oui, plus méchant que la normale). Et voilà, je passe sur le billard une deuxième fois pour enlever les ovaires, puis radiothérapie et curiethérapie.
Je ne vous raconte pas l’horreur pour notre nouvelle vie : mon mari s’est retrouvé seul à tout faire. J’ai beaucoup culpabilisé, il m’a énormément soutenue. Mes parents sont venus deux fois (pour la première opération et pour les traitements). Sans eux trois, je ne sais pas comment j’aurais pu traverser ça.
J’ai aussi eu la chance d’être entourée par une équipe médicale au top, qui place l’humain au centre de tout. Mon chirurgien a répondu à toutes mes questions les plus dingues. Il m’a reçue à chaque fois que j’en avais besoin.
J’ai fini mon traitement début janvier. Très dur… des effets secondaires encore aujourd’hui, j’ai le bide en vrac, je suis ménopausée, c’est la misère, mais voilà, ça aurait pu être bien pire.
Aujourd’hui, je rentre dans le protocole de surveillance. Je vois mon chirurgien et le radiothérapeute à tour de rôle, tous les 4 mois. Le plus dur à gérer, c’est la peur… pour moi qui ne me souciais pas de tout ça. J’ai un terrain génétique propice au cancer du sein, et avant cet épisode, je n’avais pas peur. Aujourd’hui, c’est juste l’horreur. Mon mari a mal à la tête ? Il a un cancer. Je tousse ? J’ai un cancer…
Alors mon projet ? Pour le moment, ce serait bien que j’arrive à me remettre, à prendre soin de moi pour pouvoir être disponible à 100 % pour mes clients.
Je veux donner du sens à tout cela…
Et ici, à La Réunion, il y a beaucoup de choses mises en place autour du cancer. Mais pas sur toute l’île… et ça c’est un problème. Alors pourquoi ne pas essayer de faire bouger les choses ?