Alicia

Date de publication du témoignage :

30 Mar. 2021

RDV avec Alicia (Narbonne). Diagnostiquée en pleine pandémie de COVID19, elle est encore en traitement mais emplie de positivisme et d’espoir !

En mars 2020, quelques mois avant mes 24 ans, alors au début de la pandémie de COVID19, j’ai commencé à ressentir tous les symptômes de ce dernier. Après un passage aux urgences imposé par mon médecin traitant le diagnostic tombe : c’est une pneumonie.

Trois mois plus tard, la pneumonie est enfin partie mais les ganglions sont toujours très enflés. Deux visites chez l’hématologue, un TEP SCAN et une biopsie d’un ganglion plus tard, on découvre un lymphome de Hodgkin stade 2. Et le docteur me dit :  » la pneumonie qui a failli vous tuer vient de vous sauver la vie. Sans elle, nous n’aurions pas trouvé le lymphome avant que cela ne soit plus grave. »

Me voici entrée dans le club très privé des malades du cancer.

Une préservation de fertilité plus tard, et le lendemain de la pose de port à cathéter, je commence ma première polychimiothérapie, sous le protocole appelé ABVD. Mon corps a très mal réagi aux chimiothérapies, j’ai eu beaucoup d’effets secondaires. Pourtant, mon médecin traitant m’a dit un jour que j’étais une malade sympa, car je ne m’énervais pas quand j’étais malade, je dormais.

Malgré toutes les difficultés, j’ai décidé de garder ma bonne humeur, envers et contre tous. Ma famille a appelé ça du déni. J’ai appelé ça une force. Malgré la maladie et la fatigue, malgré le crâne rasé juste avant la deuxième chimiothérapie, j’ai gardé ma bonne humeur.

Pourtant, tous ces produits étaient dangereux. Même s’ils étaient là pour m’aider à guérir, un des produits était pneumotoxique et dès la troisième séance on a dû stopper ce produit qui était en train de me faire mal au poumon. Le produit cardiotoxique, lui, n’a apparemment pas trop endommagé mon corps.

La fin a été très dure. Seuls mon conjoint, l’infirmière coordinatrice et l’hématologue sont au courant. Ce sont les trois personnes qui m’ont vu craquer à la sixième chimiothérapie. J’ai ensuite fait mes deux dernières séances sous tranquillisant, pour me calmer et dormir le temps de la séance.

Aujourd’hui, j’attends de programmer mes séances de radiothérapie. Mon dernier TEP scan a révélé que les ganglions n’étaient plus actifs, qu’ils étaient encore gonflés mais que la radiothérapie réglerait tout ça car cela fera fondre ces ganglions un peu têtus.

Maintenant, je me projette sur l’après. Essayer peut-être de passer des formations pour me préparer à un nouveau futur.

Puis préparer quand même la reprise du travail que j’exerçais avant la maladie, quand je me sentirai prête, car tout ne se fait pas en un jour. Je commence aussi l’écriture, car j’ai besoin de me souvenir, et la chimiothérapie m’a causé des pertes de mémoire. J’écris pour me rappeler ma force dans ces moments-là, et ne jamais l’oublier.

Malgré tout ça, certains jours sont difficiles. La lutte est tellement difficile qu’entre la chimiothérapie et la radiothérapie, j’ai eu l’impression d’être vidée de mon énergie, mais je me rappelle qu’il faut être forte et le lendemain je me lève à nouveau de bonne humeur, car à ce moment-là, c’est tout ce qu’il me reste.

Pour finir, via les réseaux sociaux, j’essaie d’aider à mon niveau, les copines qui débutent dans les traitements comme j’ai été aidée quand j’ai débuté le mien. Tout le monde a le droit d’avoir de l’aide, sans être jugé, et je trouve ça plus facile de l’être avec des personnes qui connaissent le combat que l’on mène.

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