Jennifer

Date de publication du témoignage :

10 Déc. 2019

RDV avec Jennifer (Missillac). Après sa mastectomie, elle décide de se lancer dans un road-trip de Nantes à Biarritz, en vélo, en mai 2020.
Je suis maman d’un garçon de 5 ans et d’une petite fille de 18 mois, dont je partage la garde avec le papa. Esthéticienne depuis dix ans, mon rythme de vie est comme beaucoup de mamans célibataires, soutenu : les enfants, le travail, les sorties,… Une vie bien remplie.
Fin mai 2019, quelques jours après mes 31 ans, la personne qui faisait partie de ma vie à ce moment-là découvre une masse dans mon sein droit. Je ne m’affole pas mais je consulte sans trop tarder. Je fais partie de ces familles avec « antécédent » : en novembre 2017, c’est à mon papa que l’on a diagnostiqué un cancer du sein.
Pas de stress chez moi. Au contraire, je me dis que dix-huit mois après mon papa, et à seulement 31 ans, ça serait fou que cela m’arrive. Mon médecin me prescrit échographie et mammographie. Je me rends au rendez-vous très sereine, c’est pour moi une simple formalité.
Ma sérénité disparaît rapidement lorsque la radiologue m’annonce qu’il va falloir faire une biopsie. Nous sommes alors mi-juin. Onze jours interminables plus tard, le verdict tombe : carcinome canalaire in situ de haut grade. Je rencontre une onco-chirurgienne à l’ICO (Institut de Cancérologie de l’Ouest – Nantes). Elle m’explique que je vais devoir subir une mastectomie totale. Elle est optimiste : il n’y aura peut-être pas besoin de protocole de soin à suivre.

Je passe par tous les états psychologiques possibles entre ce premier rendez-vous et mon hospitalisation : un jour angoissée, le lendemain confiante. Et si je ne m’en sortais pas? La perte de mes cheveux, je ne peux pas l’imaginer. L’autodérision le matin, les pleurs le soir. Je ne me sens absolument pas malade. Je vais entrer à l’hôpital en pleine forme. Le coté sournois du cancer, c’est de n’avoir aucun symptôme. Et je vais ressortir avec la maladie en moins, mais elle aura emporté avec elle une partie de ma féminité.

L’intervention a lieu en juillet 2019. J’ai fait le choix de la reconstruction immédiate par prothèses.
Les jours qui ont suivi, la douleur physique a été compliquée à gérer. Et s’y ajoute la douleur psychologique, avec la découverte de ce nouveau corps. Début août les résultats sont là : je n’aurai pas besoin de protocole de soin, la mastectomie aura été suffisante.

Le plus dur est derrière moi ? Je reprends ma vie d’avant ?
Non. Le plus dur commence à ce moment même. Réaliser et accepter cette tempête qui s’est abattue sur ma vie de jeune femme, de jeune maman. Au fond de moi, j’ai une certitude : mon parcours, mon histoire familiale doivent être porteurs d’espoir pour ces hommes, ces femmes qui se battent contre cette maladie. Je veux aussi prouver à ce cancer qui a voulu me mettre à terre que je suis encore plus vivante qu’avant!

Avec ma meilleure amie, infirmière, qui m’a accompagnée et soutenue depuis le début, nous cherchons comment ensemble mettre tout ça à profit… Un projet fou voit le jour : un road-trip pour nous dépasser, effectuer les 700 kms qui séparent Nantes de Biarritz, à vélo. Départ le 29 mai 2020!

Nous créons l’association « 2 mains ensemble », pour nous permettre de sensibiliser au cancer du sein chez la jeune femme et chez les hommes, et récolter des dons pour l’ICO mais aussi pour l’association Généticancer. On peut nous suivre dans la préparation du projet sur les réseaux sociaux, et nous aider avec la cagnotte en ligne. Nous sommes aussi à la recherche de sponsors, d’entreprises sensibles à la cause, au projet de deux jeunes mamans prêtent à tout affronter dans la vie.

Mon souhait le plus profond est que chaque guerrier et guerrière puisse, à travers notre projet, se projeter dans l’avenir. Car il y a un après ! Il faut se battre et ne rien lâcher.
C’est aussi un hommage à tous ceux et celles qui se sont battus et ne sont plus là aujourd’hui.

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