Isabelle

Date de publication du témoignage :

23 Nov. 2021

RDV avec Isabelle (Pechbonnieu). Elle nous partage ses conseils pour aller mieux : jeûner, méditer et surtout, marcher.

En 2016, j’étais intervenue sur la scène de la première édition de l’événement les Magiciennes d’Ose, une série de mini-conférences, de témoignages optimistes et inspirants. Mon sujet était alors de parler de façon positive du cancer, l’expérience que j’avais vécue deux ans auparavant. La vidéo de l’enregistrement n’est malheureusement plus en ligne. J’ai relu le texte de mon intervention et j’ai pu constater que cinq ans plus tard, il n’avait pas pris une ride : tout est encore vrai. Pour en garder durablement une trace, je l’ai publié sur mon blog. 

À cette occasion, j’avais décrit trois pratiques que j’avais associées aux traitements qui m’étaient prescrits et qui m’avaient beaucoup aidée : marcher, jeûner, méditer. Ces trois pratiques ont un trait commun qui peut se résumer par la formule « moins de plus, plus de moins ».

Pour le jeûne, c’est évident : moins de nourriture, voire plus de nourriture du tout. Un jeûne sur plusieurs jours, ce n’est pas toujours facile à intégrer dans sa vie courante. En revanche, un jeûne intermittent, c’est plus aisé. Quand le corps le réclame, il est assez simple de sauter un repas, même deux. Au quotidien, c’est aussi une alimentation moins riche, moins abondante, moins de gras, moins de sucre, plus de produits simples et naturels.

Tout comme l’alimentation saine, la méditation a le vent en poupe depuis quelques années. Pour être dans le coup, il est de bon ton de s’y intéresser d’une manière ou d’une autre. De nombreux ouvrages y sont consacrés. De nouveaux outils digitaux fleurissent pour nous y aider. La méditation vise à réduire l’agitation mentale (moins de plus), à augmenter le calme, la zénitude (plus de moins). Les bénéfices que l’on en retire valent bien l’effort de l’apprentissage de cette pratique.

La façon qui me convient le mieux pour m’entraîner à la méditation, c’est d’aller marcher. La marche ralentit la course du temps et apaise le flot des pensées. Marcher longuement est aussi une bonne occasion de pratiquer un jeûne digital : pas de messagerie, pas de réseaux sociaux, pas de notifications. Rien d’autre que mon corps qui se déplace dans le paysage qui m’entoure.

Je me figure le cancer comme un trop-plein qui s’accumule à l’intérieur, parce qu’il n’a pas trouvé de moyens de s’évacuer, de se réguler. Cette accumulation peut venir d’excès ou de dérèglement alimentaire, de surcroîts de sollicitations intellectuelles, de débordements émotionnels. N’importe quel « trop » qui peine à se réguler et qui reste coincé à l’intérieur.

Les causes du cancer sont multifactorielles. A ces considérations, peuvent aussi s’ajouter des éléments externes, génétiques ou environnementaux. Si la question était simple, sans doute que cela ferait longtemps que des solutions auraient été trouvées pour surmonter ce fléau. Comme je peux difficilement agir sur les facteurs externes, je me concentre sur ce qui dépend de moi.

Le vocabulaire guerrier souvent employé à propos du cancer ne me convient pas. J’envisage cette expérience non pas comme un combat, une lutte sans merci : cela reviendrait à se battre contre moi-même. Je l’ai vécu et continue de le vivre plutôt comme un apprentissage, un encouragement à réguler mes tensions et mes pressions intérieures et à trouver les soupapes et les moyens d’expression pour laisser sortir ce qui me pèse ou m’encombre.

Les régulateurs que je pratique sont donc jeûner, méditer et (surtout) marcher. La marche est ce que j’ai trouvé de plus simple à intégrer dans ma vie de tous les jours pour prendre soin de ma santé. Un simple tour de mon quartier, une balade du dimanche (ou d’un autre jour) ou une grande randonnée itinérante, tous les pas sont bons à prendre ! Je m’y adonne avec un plaisir toujours renouvelé. D’ailleurs, je m’en vais de ce pas faire une pause et sortir faire un tour !

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