Gaëlle

Date de publication du témoignage :

8 Jan. 2019

RDV avec Gaëlle (Perpignan) : c’est grâce à une dinde qui lui est restée en travers de la gorge.

Qu’elle s’en est sortie ! Une histoire de fêtes de fin d’année qui finit bien 🙂
J’ai 33 ans. Maman d’un petit homme de 8 ans. 
Dernier jour de 2018. Le moment de fermer une lourde page. J’espère définitivement. 
J’ai appris le 8 janvier qu’un cancer de l’œsophage bien avancé me rongeait.
Quasiment jour pour jour, 2 ans après avoir vu l’amour de ma vie depuis 17 ans partir avec une dinde de Noël de passage.. 
Une dinde que je n’ai pas réussi à avaler ni digérer et ça a pris tout son sens. 
Je venais de changer de voie professionnelle passant de la finance au sport santé, et un mois plus tôt j’avais enfin rencontré un homme bien. 
Ses 2 parents, médecins, m’ont gentillement invitée à manger… mes difficultés à avaler le repas les ont immédiatement alertés ! Eux 3 ont tout organisé et tout géré très rapidement.
Tout s’est enchaîné à une vitesse folle. Tant les soins que la dégradation impressionnante de mon état. Chimio, radio, œsophagectomie, re-chimio.. 
J’étais spectatrice, sans savoir à quelle branche m’accrocher, totalement « pommée » !
Mon ange gardien, cette personne qu’on voit tous les 10 ans, malade au même moment, m’a montré la voie et m’a déculpabilisée sur le fait de m’appuyer sur mon fils.. Et je n’ai plus rien lâché !
J’ai tellement pleuré… j’ai été tellement inquiète… je me suis tellement battue, j’ai appris tellement de choses et perdu le sens de tellement d’autres. 
Je ne suis pas devenue une autre, juste celle que je suis vraiment depuis longtemps, celle que l’on ne peut pas toujours se permettre d’être parce que la vie, la société… 
Oui, je suis hypersensible ! C’est aussi pour ça que je suis si empathique.. Oui, je suis très émotive ! Et non, ce n’est pas une fragilité comme je l’ai longtemps cru.. Oui, je suis une femme forte et indépendante, il faut bien.. Et oui, nous avons tous des ressources en nous qu’il faut aller chercher ! 
Aujourd’hui, je ne retiens qu’une chose : L’INSTANT PRÉSENT, le seul dont Il faut se soucier même s’il est parfois tentant de se retourner ou d’avancer plus vite que la musique. 
J’avance doucement mais sûrement, je le sens en moi. Et je sais que dans 6mois mon discours sera encore différent car j’aurai encore évolué. Mais ça me va… 😁 
« Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse. »