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Claude

Date de publication du témoignage :

9 Juin. 2020

RDV avec Claude (Champigny sur Marne). En traitement pour une récidive, il a décidé d’être bénévole dans un Centre Covid pendant le confinement

Suite à un cancer testiculaire métastatique en 2018 et une chimiothérapie assez intense pendant 9 semaines, j’étais en rémission depuis 16 mois. Même si j’ai toujours eu une fibre altruiste et engagée depuis très jeune, je voyais ma vie sous un autre angle. Je me sentais privilégié de faire toujours partie de ce monde des vivants, mais en sachant qu’il fallait que je pense plus à moi.

Puis le 6 février 2020, on m’annonçait qu’un syndrome myéloprolifératif me touchait, un cancer du sang et de la moelle osseuse, différent du cancer que j’avais connu. Une nouvelle chimiothérapie s’imposait à moi, moins violente et différente que la précédente, à prendre au long terme comme pour une maladie chronique. Je me suis dit encore plus qu’il fallait que je pense à moi, bien plus qu’avant en me privilégiant.

Et dans l’intervalle est arrivée cette crise du Coronavirus.
J’étais là, confiné, à attendre sans rien faire… Était-ce ça privilégier ma vie et penser à moi ? Ce n’était pas possible pour moi. Quel sens avait ma vie à attendre pendant que des gens mourraient, que nos services soignants et ses personnels étaient à la peine ? J’ai donc refusé d’être attentiste et malgré les risques, m’engager comme réserviste civile en volontariat bénévole pour aller aider les soignants, dans une nouvelle unité de réanimation Covid 19 dans le Val de Marne.

C’était dur pour mes proches que je fasse passer la vie des autres avant la mienne. Mais comme je me sentais bien malgré mon traitement et que mes bilans étaient bons, pourquoi ne pas y aller ? Je me suis mis bénévolement au service de l’hôpital, sur une mission de coursier-logisticien, afin de soulager infirmièr(e)s et aides soignant(e)s à faire les transferts de prélèvements dans les différents laboratoires, faire le lien avec la pharmacie, avec l’établissement français du sang, les liaisons administratives avec les urgences et malheureusement, la salle mortuaire, ainsi que les liaisons urgentes avec le magasin hôtelier et les cuisines.

En binôme, nous sommes arrivés à parcourir 18 km dans les couloirs de l’hôpital et ses services, sur une mission de 7 heures. Comme quoi mes jambes, nos jambes, sont utiles aux soignants pour qu’ils se concentrent sur les patients à lourde pathologie Covid.

Voilà, c’est le sens que j’ai voulu donner à ma vie pendant ce confinement avec mon cancer.